En dehors des pôles à plus ou moins forte valeur ajoutée dans ce qui constitue l'économie du pays, il est, en revanche, de nombreuses wilayas qui n'en finissent pas de broyer du noir depuis des lustres, les projets viables s'étant fait rares pour de multiples raisons. C'est ce qu'il sera peut-être donné de voir de près au Premier ministre, en principe ce mardi, lors de la visite qu'il effectuera à Tizi-Ouzou.M. Aïmene Benabderrahmane effectuera une visite de travail, mardi donc, dans la wilaya de Tizi-Ouzou où les temps ne sont pas à l'enchantement depuis de longues années notamment sur le plan économique, avec un tissu industriel obsolète qu'incarne parfaitement le devenir des quelques entreprises publiques encore en activité, bon an mal an, dans la région au moment où parmi les porteurs de projets à capitaux privés qui avaient manifesté leur intention de s'y installer depuis un temps qu'on ne compte plus, beaucoup n'y croient plus lorsqu'ils n'ont pas carrément préféré s'installer ailleurs à travers le pays où investir ne signifie pas se condamner à un chemin de croix.
En fait, à Tizi-Ouzou, en guise de tissu économique pourvoyeur de richesse, du moins du secteur public, seuls survivent les quelques porte-étendard à l'instar de Electro-Industries/Spa issue de la réorganisation du secteur industriel public pour aboutir, en 1999, à la restructuration de l'ancienne Entreprise nationale des industries électrotechniques, ou encore de l'incontournable entreprise de l'industrie spécialisée dans l'électroménager (Eniem) qui n'en finit pas de défrayer la chronique, pas pour les meilleures raisons, de façon quasi cyclique depuis longtemps avec, comme dernière ligne à son palmarès, la nomination d'un nouveau P-dg il y a une huitaine après une énième crise d'interruption d'intrants et après deux mises au chômage technique des travailleurs en l'espace d'une année.
Que dire de l'investissement privé et des maints et maints porteurs de projet qui ont fini par jeter l'éponge ' Aucun recensement ne serait assez exhaustif pour énumérer les projets ratés par Tizi-Ouzou, leurs initiateurs voyant qu'elles ont été sans lendemains, toutes les réunions et rencontres qui se sont succédé, notamment celles initiées par les autorités de la wilaya lorsque de nouveaux walis étaient intronisés. Des réunions, des journées d'études, et des rencontres qui, en fin de compte, n'avaient pour finalité que l'établissement de constats, sans que les bonnes volontés parmi les investisseurs ou les autorités arrivent à changer les choses. Sinon, comment expliquer que des zones d'activité de Tizi-Ouzou, comme dans beaucoup d'autres régions du pays, peuvent être affublées de tous les noms sauf de zones d'activité.
Le Premier ministre, lui, aura peut-être le fin mot de l'histoire sur les nombreuses infrastructures publiques qui ne veulent pas sortir de terre, demeurant au gré des années au stade de chantiers. Des infrastructures très lourdes, certaines avec une «notoriété» qui a largement dépassé les frontières de la wilaya, à l'instar du fameux grand stade de 50 000 places dont le chantier, après pas loin de onze longues années de travaux, d'interruptions, et de réévaluations de son coût de réalisation, trône toujours à l'entrée ouest de la ville. Idem pour la portion de la pénétrante devant relier la wilaya de Tizi-Ouzou à l'autoroute Est-Ouest qui a allongé les coûts et les délais après son lancement en 2013 pour un délai de réalisation ne dépassant pas les quatre ans. Des exemples parmi tant d'autres.
En tous les cas, un état des lieux de la wilaya de Tizi-Ouzou qui a de quoi faire sortir de ses gonds n'importe quelle autorité. Il reste à savoir quelles décisions sortiront de cette virée kabyle du Premier ministre.
Azedine Maktour
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A Maktour
Source : www.lesoirdalgerie.com