Des maires ont eu à gérer des situations très difficiles durant leur mandat, notamment dans les communes isolées de la wilaya de Tizi Ouzou.
L'on se rappelle de la période de la tempête de neige de février dernier où des présidents d'APC n'avaient pas connu de répit pendant trois semaines, car leurs communes étaient plongées dans l'enclavement total. Ce fut le cas du maire d'Aït Zekki, une localité de haute montagne située à 70 km au sud-est de Tizi Ouzou. «Pour tenir ses engagements, on n'attend pas l'administration locale ou centrale. Dans les moments difficiles, on agit avec les moyens du bord. C'est ce que nous avons souvent fait pour notre population, durant la tempête de neige, pour faire face à la rigueur de l'hiver. D'ailleurs, notre geste a suscité un véritable élan de solidarité de la population bien que les moyens de la commune soient dérisoires et les prérogatives du maire limitées», nous dit Meziane Amara, maire d'Ath Zekki.
Selon lui, au-delà des blocages rencontrés par les élus face à l'administration, les communes rurales sont confrontées aussi aux problèmes de manque d'outils de réalisation des projets qui leur sont alloués. A ce propos, M. Amara cite l'exemple de sa collectivité : «Même quand les projets sont affectés, il n'est pas facile de les réaliser. En raison surtout de l'éloignement et du relief de la région, on ne trouve pas d'entreprises à engager. C'est pour cela qu'on accuse toujours un retard. Il y a aussi le manque de main-d''uvre. C'est un paradoxe, car quand on voit les statistiques, les chiffres du chômage sont impressionnants, mais quand il s'agit de trouver des travailleurs dans le bâtiment et les travaux publics surtout, on n'en trouve pas !» Ce président d'APC estime avoir fait de son mieux pour le bien de sa population. Il ne briguera pas un autre mandat, a-t-il précisé.
«J'ai fait mon bilan et je me suis dit que le moment est venu pour laisser la place à quelqu'un d'autre qui va apporter quelque chose de plus pour la commune», nous a-t-il confié. La tâche n'est aucunement une sinécure pour les présidents des APC de la wilaya de Tizi Ouzou, souvent contraints de faire des «miracles» pour répondre aux besoins élémentaires de leurs populations. Pour Mohand Boukhetouche, maire de Souamaâ, daïra de Mekla, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou, on ne peut pas parler de prérogatives du maire puisqu'il n'y a même pas de moyens financiers. Les budgets gérés par la municipalité sont insignifiants. «Dans des situations d'urgence, nous n'attendons pas l'administration pour y faire face. D'ailleurs, la tempête de neige qui s'est abattue sur la région l'hiver dernier a démontré que le maire est appelé à gérer, lui seul, la galère subie par ses administrés. Notre commune était coupée du monde pendant des semaines. Il a fallu que les élus interviennent avec les moyens de la mairie pour essayer de sortir de l'isolement.
L'administration nous avait demandé de réquisitionner des engins privés dont les propriétaires n'ont même pas été payés des mois plus tard. Nous avons été contraints d'honorer ces créances avec le maigre budget de la commune, car nous risquons de les solliciter de nouveau en cas de fortes chutes de neige puisque nous sommes aux portes de l'hiver», relève M. Boukhtouche, qui est candidat aux élections locales du 29 novembre. «Je me suis porté candidat une deuxième fois, afin de répondre à l'appel des citoyens et achever les projets arrachés durant notre mandat», a-t-il affirmé pour expliquer les raisons qui l'ont motivé à postuler de nouveau à la tête de sa localité. Dans la quasi-totalité des communes de la wilaya de Tizi Ouzou, les maires sont cernés par les problèmes de la population et la bureaucratie de l'administration.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafid Azzouzi
Source : www.elwatan.com