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Le lecteur à la recherche de livres «croustillants» sur l'Histoire Les témoignages sont préférés aux écrits des historiens à Tizi Ouzou



Le lecteur à la recherche de livres «croustillants» sur l'Histoire                                    Les témoignages sont préférés aux écrits des historiens à Tizi Ouzou
Photo : M. Hacène
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati

Les Algériens fêtent en cette année 2012 le Cinquantième anniversaire de l'indépendance du pays. 50 ans, c'est beaucoup et c'est peu. C'est toute de même une station importante que l'on devrait célébrer avec une certaine fierté et avec faste. Malheureusement, les pouvoirs publics qui ont concocté un programme d'activités pour cette commémoration n'ont pas été à la hauteur des sacrifices consentis par les femmes et les hommes qui ont donné leurs vies pour la libération de l'Algérie. Les dirigeants ont semblé avoir organisé des festivités pour eux-mêmes, excluant, de fait, la population algérienne qui, non seulement devait être impliquée dans la programmation et l'organisation mais, en plus, devait être la destinataire des festivités.Mais le tableau n'était pas totalement noir, à l'occasion de cette commémoration qui présentait, tout de même, certains aspects positifs, même si cela n'est pas toujours grâce aux autorités algériennes. En effet, le Cinquantenaire de l'indépendance de notre pays a été une occasion, pour de nombreux auteurs, de produire des ouvrages relatifs à la Guerre de libération nationale. Et ce qui les rend intéressants, c'est le fait que c'est l''uvre de personnes qui ne se sont pas imposées des limites comme le font, généralement, les tenants du pouvoir, avec l'intention de taire des faits ou en édulcorer d'autres. Ainsi les lecteurs, peu nombreux, trouvent des informations croustillantes hors du carcan dans lequel les autorités ont tenté d'enfermer l'Histoire de l'Algérie, notamment celle du mouvement national et de la Guerre de libération nationale. A Tizi Ouzou, l'édition du livre historique n'est pas très riche, mais le peu d'ouvrages parus cette année a suffi pour titiller la curiosité des lecteurs encore en mesure de s'offrir des livres. Et les regards ne sont généralement pas tournés vers les ouvrages écrits par les historiens, à l'exception des 'uvres de Mohamed Harbi et feu Mahfoud Keddache mais, plutôt, vers les livres témoignages que livrent des acteurs vivants de la Révolution ou ceux qui suscitent la polémique autour de cette période glorieuse, même controversée sous certains angles. C'est ainsi que le livre sur l'architecte de la Révolution, rédigé par son neveu, et celui sur le colonel Amirouche, écrit par Saïd Sadi, étaient très demandés à Tizi Ouzou. Ce qui est tout à fait naturel dans la capitale de la Wilaya III historique d'où sont originaires ces deux héros de la Révolution. De même que les livres témoignages publiés par un ancien membre du poste de commandement de la wilaya III historique, Salah Mekacher qui a livré ses témoignages dans des livres, notamment celui mettant en lumière le déroulement de la Guerre de libération nationale dans le chef-lieu de la wilaya de Tizi Ouzou. L'on citera également l'ouvrage de Yaha Abdelhafid Au c'ur des maquis en Kabylie ou, encore, celui de Mohamed Amokrane Aït Mehdi intitulé le Dur et invraisemblable parcours d'un combattant. A travers les déclarations des libraires interrogés, il ressort une tendance chez les lecteurs à opter pour les livres qui sortent du carcan dans lequel les pouvoirs successifs ont enfermé l'Histoire de l'Algérie, notamment celle de la Guerre de libération nationale. La Kabylie étant stigmatisée depuis la rébellion du FFS en 1963, il est tout à fait naturel que les lecteurs soient à la recherche de tout ce qui touche l'histoire de la wilaya III historique, ses hommes et leurs nombreux hauts faits d'armes, que ce soit dans leur région ou dans toutes les régions d'Algérie. Le lecteur, donc, semble à la recherche de livres et d'écrits «croustillants» sur l'Histoire de l'Algérie et de sa région. Il ne veut plus se contenter du bourrage de crâne qu'il a subi à l'école ou par le biais de toutes les productions dirigées et mises en 'uvre par les pouvoirs publics. Les éditeurs l'ont compris et dans leur activité, ils n'hésitent pas à s'arracher ces 'uvres dont le lecteur ne se rassasie jamais.
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