Tizi-Ouzou - A la une

"Le jour où j'ai rencontré Ait Ahmed à Selloum"



Madjid Abbane, âgé aujourd'hui de 75 ans, se rappelle comme si cela datait d'hier de la première fois qu'il a rencontré feu Hocine Ait Ahmed.«C'était à Selloum dans la wilaya de Bouira, j'étais chargé avec d'autres camarades de la sécurisation de la rencontre qui s'est tenue le 3 septembre pour donner naissance au Front des forces socialistes», se remémore-t-il. Hocine Ait Ahmed a rejoint les 27 congressistes au bout du troisième jour pour des raisons probablement sécuritaires», ajoute-t-il. «Puis nous sommes partis dans la wilaya de Tizi Ouzou pour la rédaction de la déclaration de création du FFS, lue dans un meeting populaire le 29 du même mois à Tizi Ouzou», raconte Dda Madjid.Ce militant de la première heure restera dans la région de Tizi Ouzou car «dans la région de Béjaïa le FFS n'existait pas».En octobre de la même année, il sera incorporé dans l'ANP qu'il désertera rapidement pour rejoindre de nouveau le FFS et la cause démocratique. Une lutte qu'il mènera lui et ses camarades pacifiquement car, dira-t-il, «nous avions reçu l'ordre de ne pas riposter et tuer des soldats algériens». Il poursuit: «Mais la situation devenant, intenable, nous avons pris des armes et j'ai participé moi-même à plusieurs accrochages avec l'ANP entre la région de la Soummam et le Djurdjura et ce de septembre 1963 jusqu'au 16 juin 1965. Ait Ahmed, étant en prison, c'était Abdelhafid Yaha qui conduisait les négociations avec le pouvoir algérien en présence des étrangers. Nous avions arraché nos droit et une reconnaissance, qui» précise-t-il, «ont été conclus dans un accord signé par les deux parties.Le coup d'Etat de 1965 a bouleversé la donne. Certains d'entre nous seront tués, d'autres pourchassés». «Je fus parmi ceux qui auront échappé à la mort et depuis je suis resté fidèle aux idéaux du FFS. Un parti que j'ai quitté au moment où Ait Ahmed quittait sa présidence. Nous étions 16 camarades à quitter l'appareil et non le FFS que Hocine Ait Ahmed a fondé.» Pour Dda Madjid le FFS est aujourd'hui une sorte de bureau de main-d'oeuvre où munis de diplômes vous pouvez accéder à tous les postes. Il ne reste plus rien», regrette-t-il. «Les véritables militants et cadres ont claqué la porte.Le 8 novembre dernier, nous avons créé la fondation des anciens de 63. L'association Soummam FFS 63 et l'association Djurdjura FFS 63 sont déjà nées. D'autres suivront à Bouira, Alger, Boumerdès. Notre démarche se veut un moyen d'arracher nos droits», conclut-il
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