Le siège du vieux parti d'opposition toujours en ébullition
«Nous allons demander des réponses politiques à des questions d'ordre politique, posées par des cadres, militants et sympathisants du FFS» affirment des participants.
Le Front des forces socialistes (FFS) a commencé hier les travaux de son conseil national, qui doivent prendre fin ce soir. Il est attendu, selon des sources crédibles, que les participants abordent les contours de la crise politique qui frappe leur parti.
Donc, outre l'évaluation des résultats des précédentes élections législatives et de la préparation des élections locales figurant à l'ordre du jour des travaux du conseil, une bonne partie des participants comptent mettre le «doigt dans l'oeil» de leur direction.
«Nous allons demander des réponses politiques à des questions d'ordre politique, posées par des cadres et militants et sympathisants du FFS», a déclaré à l'Expression Smaïl Kecili, membre du conseil national avant de poursuivre: «Nous allons plaider et oeuvrer pour l'aboutissement du processus de rassemblement des énergies et des cadres du FFS, comme le souhaite notre président Hocine Aït Ahmed». C'est là, expose-t-il, notre devoir de militant du FFS. C'est dire que le conseil s'annonce plutôt houleux et plein de tensions.
D'ailleurs, il se tiendra à huis clos. La presse n'a pas été invitée. Les débats, habituellement ouverts aux militants et cadres lors des précédents conseils, se dérouleront, cette fois-ci, à porte fermée. Nouvelle époque et nouvelles moeurs pour le FFS, dit-on! La crise politique oppose la direction nationale à des membres du conseil national, à ses anciens cadres, mais aussi à ses militants et sympathisants, lesquels lui reprochent de vouloir normaliser et domestiquer leur formation pour des desseins inavoués.
Notons à ce sujet, que des membres du conseil national ont saisi le président du parti pour l'informer des nouvelles orientations politiques prises par la direction.
Selon les 144 signataires du rapport adressé à Hocine Aït Ahmed, l'actuelle direction du FFS s'est exposée aux soupçons de révision des fondements et de remise en cause des repères du parti. Menacés de sanctions par la direction, pour avoir parlé et demandé des réponses politiques sur des question politiques, ces derniers s'interrogent: «Pourquoi la direction du FFS persiste sur son silence et refuse de répondre aux questions d'ordre politique, posées par ses propres cadres'».
«A qui profite le statu quo, imposé au FFS'» et «qui a intérêt à vouloir se débarrasser d'un parti qui représente l'espoir du changement démocratique et pacifique dans notre pays'».
Interrogé, Ali Belkheir, maire d'une commune à Tizi Ouzou et membre du conseil national du FFS, ajoute de l'eau au moulin. Ainsi, il s'interroge, à son tour: «Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi notre direction se renferme sur elle-même et ferme toutes voies conduisant au rassemblement de toutes les énergies et cadres du FFS, auquel appelle le leader charismatique de l'opposition, Hocine Aït Ahmed dans son dernier message'» et «depuis quand notre direction réprime les voix de ses cadres, sous prétexte qu'ils ne sont pas organiquement affiliés, alors que ce sont eux qui conduisent et plaident le discours du FFS, dans ses moments les plus difficiles'».
Et d'enchaîner, désolé: «Quoi, on a vite oublié que c'est Djamel Zenati qui a conduit la destinée du FFS en 1999 contre tout un régime lors de l'élection présidentielle de 1999, avec le fameux acte du retrait des six' Cela en plus, soutient-il, de son rôle et de la responsabilité historique d'avoir conduit le FFS auprès des populations de Kabylie après les événements du Printemps noir pour leur demander de prendre part aux élections locales en 2002.»
Une période où la Kabylie s'est opposée farouchement aux élections. Les élus du parti seront qualifiés plus tard d'indus élus par une population à bout de souffle.
Outre les 144 cadres et membres du conseil national du FFS, organiquement structurés, il a noté que même des anciens premiers secrétaires nationaux ont lancé des appels à l'ordre dans la maison du vieux parti d'opposition et accusent leur actuelle direction «de trahison politique».
Ainsi, le week-end dernier, Djoudi Mameri, Mustapha Bouhaddef et Ali Kerboua, anciens premiers secrétaires du FFS, ont fait savoir, dans une déclaration rendue publique, que leur parti fait l'objet de manoeuvres et de tentatives de normalisation et de domestication. «Ces tentatives sont menées aussi bien de l'intérieur du parti que de l'extérieur. Elles visent à neutraliser toute forme d'opposition radicale et pacifique et parachever la restructuration autoritaire du pouvoir», a soutenu Djoudi Mameri, actuellement conseiller du premier secrétaire national du FFS, Ali Laskri.
Joint par nos soins, notre interlocuteur a souligné qu'il est de la responsabilité de la direction actuelle de répondre à l'interpellation de cadres, de militants et de sympathisants. Ceux qui refusent, dit-il, le sabordage politique du FFS, en «veillant sur lui» comme on le fait avec le «lait sur le feu».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel LAKHDAR CHAOUCHE
Source : www.lexpressiondz.com