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Le conte tunisien à l'ouverture de la sixième édition



Le conte tunisien à l'ouverture de la sixième édition
La première journée de la 6e édition du Festival international du conte et des arts du récit, organisé par l'association «Le grain magique», de Draâ Ben-Khedda (Tizi Ouzou), a été marquée, mardi, par la présentation de contes tunisiens et algérois.
La Surprise est l'intitulé d'un apologue narré par le conteur de la ville de Sfax, Tunisie, Abderazak Nekmoune. C'est l'histoire d'un enseignant exerçant dans un petit village reculé de Tunisie qui se singularise par la particularité de disposer d'un commissariat de police. Une histoire inspirée des événements du printemps arabe qui ont mis à nu les pratiques des forces de répression. Un jour, alors qu'il était chez lui où il se reposait après une journée de dur labeur, un policier vint sonner à sa porte et lui tendit une convocation en lui signifiant sur un ton solennel : «Le nouveau chef de la police veut te voir.» Le policier messager reparti, le récipiendaire (l'enseignant) se mit à s'interroger sur le(s) motif(s) de cette convocation. «Qu'ai-je fait ' Que me reproche-t-on ' Ai-je failli à mes obligations ' Ai-je commis une quelconque faute qui me vaudrait d'être convoqué '» En s'engageant dans un soliloque, l'enseignant est allé jusqu'à soupçonner sa femme de l'avoir dénoncé à la police pour avoir, un jour, maudit la vie devant elle pour lui signifier que son modeste salaire d'enseignant du village ne lui permet plus de faire face aux exigences de la vie, en lâchant sur un ton de désespoir «Innal bou Lamaicha hadi (Au diable cette vie de misère)». Il a passé toute une nuit blanche à s'interroger sur les causes de cette convocation de la police sans pour autant parvenir à trouver une réponse à ses questionnements qui l'ont mis dans un état de stress insupportable au point de lui être fatal. Au lever du jour, sa femme le trouva affalé, inerte dans le divan alors qu'auparavant, rien ne présageait un tel sort au vu de l'état de bonne santé de l'instituteur très apprécié des villageois pour sa droiture et son sens du devoir. Après l'enterrement, le nouveau chef de la police dudit village se rendit au domicile du défunt pour présenter ses condoléances à la famille de celui-ci en leur annonçant sur un ton de compassion : «Par cette convocation, j'ai voulu faire une surprise au défunt qui fut un camarade de classe durant notre cursus scolaire.» Lui succédant sur scène, un conteur de l'Algérois, Hocine Nader, a relaté une histoire puisée du terroir de l'Antique Casbah d'Alger Confiance (El Amana), l'histoire d'un homme, aâmi Mohamed, pur et intègre qui, en décidant d'entreprendre un long voyage, confia sa bourse, constituée d'une centaine de louis d'or, à un commerçant du quartier, en lui demandant de bien la garder jusqu'à son retour ou de la remettre à sa famille dans le cas où il viendrait à mourir. A son retour de voyage, le personnage du conte ne se rappelle plus du commerçant à qui il avait remis ses biens, tellement en ces temps-là toutes les rues et tous les magasins de la Casbah se ressemblaient et rien ne les distinguait les uns des autres. En empruntant fortuitement une ruelle, le revenant trouva un groupe de commerçants parmi lesquels il crut reconnaître le dépositaire de sa bourse. Etant sûr qu'il s'agissait de la bonne personne, il n'hésitât pas à l'apostropher lui demandant la restitution de son bien. Le commerçant en question s'exécuta en remettant au visiteur l'équivalent du bien demandé. Mais quelques jours plus tard, alors que aâmi Mohamed déambulait dans les rues de la Casbah, il entendit une voix lui disant : «Aâmi Mohamed, viens récupérer ton bien, tu as trop tardé.» En retournant vers le commerçant qui venait de l'appeler, il reconnut le vrai récipiendaire de son bien. Intrigué par cette rencontre, il se dirigea vers le premier commerçant pour lui demander des explications. Il se disait comment lui a-t-il remis un bien qu'il ne lui devait pas. Le commerçant lui répondit : «Certes, je ne vous dois rien, puisque vous ne m'avez rien confié, mais comme vous m'avez approché devant les commerçants du coin, j'ai préféré satisfaire votre demande plutôt que de susciter le doute sur ma crédibilité et mon honnêteté, non monnayables au prix de tout l'or du monde». La sixième édition de ce festival international qui Se poursuivra jusqu'au 12 du mois en cours comporte dans son programme la présentation de 36 spectacles, destinés essentiellement aux enfants de par l'importance du conte dans l'éveil et l'éducation chez cette frange de la société. Cette manifestation consistant en un cocktail de contes puisés du terroir et du patrimoine universel, regroupe 14 conteurs (8 professionnels et 6 amateurs) dont deux Tunisiens. Les spectacles seront donnés en arabe et en kabyle au niveau des structures de jeunesse des daïras de Tizi Ouzou, de Draâ Ben Khedda, Boghni et Aïn El-Hammam, en plus bien entendu de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.
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