
Le travail du plasticien, originaire du village El Misser, dans la commune de Larbaâ Nath Irathen (Tizi Ouzou), s'appuie sur une technique qui lui est particulière : des matières plutôt frustes, comme le plâtre, mélangé avec un enduit, permettent de donner une impression particulière.En plus de cette technique innovante qui lui est propre, le jeune plasticien a choisi une thématique particulière : revenir sur le parcours de ses prédécesseurs connus dans le monde de l'art.Son ?uvre fétiche, Avridh n'lwnes, lather n'lwnes (Le chemin de Lounes, les traces de Lounes) représente un chemin, celui parcouru par Matoub Lounès. Amara précise qu'il a utilisé pour cette ?uvre l'empreinte laissée par la chaussure du barde. Pour y arriver, il a approché la famille du défunt artiste, qui a répondu favorablement à sa sollicitation, en lui permettant d'utiliser la propre chaussure de leur proche.Amara raconte, ému, la rencontre avec la s?ur de Matoub, Malika, qui a encouragé le jeune artiste. Réalisée au bout de six mois de travail acharné, l'?uvre, enregistrée à l'ONDA, donne à voir le cheminement guère facile d'un artiste qui s'est donné pour son art, sa région natale et son pays. Artiste admiré des siens, dans sa région et partout ailleurs, Matoub reste une fierté, et Amara permet, grâce à son ?uvre, de rappeler le combat du rebelle dont se rappelleront les Algériens malgré le passage des âges. Le plasticien, qui a commencé à se piquer d'art plastique tout jeune, ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, il compte réaliser une fresque qui représente d'autres artistes de sa région, à commencer par Si Mohand Ou Mhand, le poète rebelle de la Haute Kabylie.Amara, comme il l'a expliqué à El Watan, compte ainsi faire des recherches pour retrouver la savate du poète dont il est convaincu de l'existence : la chaussure de celui qui a parcouru les chemins de la terre d'Algérie et de Tunisie serait conservée chez la famille qui l'a hébergé au soir de sa vie dans le vieux Michelet. Amar compte s'intéresser à d'autres artistes, tels que l'écrivain Mouloud Mammeri, ou encore les chanteurs Cherif Kheddam et Lounis Aït Menguellet. Influencé dans son travail par des artistes plasticiens reconnus du panthéon national, tels que Khedda et Issiakhem, il ne veut pas parcourir les chemins battus et rebattus : il compte suivre le chemin tracé, celui d'un artiste exigeant qui sera la fierté des siens.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadir Iddir
Source : www.elwatan.com