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Le 5 juillet a marqué le recouvrement de l'identité du peuple algérien



Le 5 juillet a marqué le recouvrement de l'identité du peuple algérien
OUZOU - Le 5 juillet 1962 a marqué le recouvrement de la personnalité et de l'identité du peuple algérien, a estimé mardi à Tizi-Ouzou le moudjahid Youcef Belkacemi."Avant 1962, l'Algérien n'avait même pas de nom, tous les hommes étaient désignés par Mohamed ou Moutchou et toutes les femmes étaient appelées ?Lla Fatma' par les colons qui nous considéraient comme des esclaves bons à tout faire", a témoigné ce moudjahid de 81 ans originaire des Ouacifs (Tizi Ouzou).Avec beaucoup d'émotion, l'octogénaire qui a pris les armes au déclenchement de la guerre de libération, se rappelle des défilés et des manifestations grandioses qui ont eu lieu le 5 juillet 1962 à travers toute l'Algérie."C'était impressionnant ! Personnellement j'ai vécu l'évènement à Sidi Fredj à Alger. Tout le peuple, jeune, femmes, enfants, vieux et vieilles sont sortis dans les rues pour fêter la fin d'une période où même leur existence en tant qu'être humain a été remise en cause", a-t-il témoigné.L'ambiance de fête, de joie et de liesse s'est étalée sur plusieurs jours et les Algériens, fiers du combat qu'ils ont mené contre le colonialisme français et heureux de retrouver leur dignité piétinée depuis plus d'un siècle, étaient armés de volonté pour édifier une Algérie libre et indépendante, a-t-il encore affirmé.Dda Youcef qui a pris part au recueillement à la mémoire des chouhada de la Révolution au cimetière de M'douha, aux côtés de moudjahidine de la wilaya qui sont toujours en vie, se souvient que même les harkis et leurs familles ont pris part aux défilés et ont manifesté leur joie de voir la guerre prendre fin et le pays retrouver son indépendance."Juste après le référendum sur l'indépendance de l'Algérie le 1er juillet 1962 et la proclamation des résultats en sa faveur, j'ai fait un passage dans un village de la Kabylie où tous les villageois étaient des Harkis. A la fin de discours que j'ai prononcé devant eux, beaucoup d'entre eux se sont mis à pleurer et regretter le fait qu'ils ont trahi leur concitoyens et travailler avec la France", a-t-il confié.Il a jouté que le 5 juillet 1962, même ceux qui ne croyaient pas en l'indépendance, n'ont pas pu rester insensibles face à la grandeur de l'évènement et l'aboutissement des sacrifices de peuple algérien.Youcef Belkacemi qui a passé plusieurs années dans le maquis en tant que militaire dans les wilayas 3 et 4 historiques puis les Aures avant de revenir vers Tizi-Ouzou, a lancé un appel aux jeunes générations pour s'intéresser à l'histoire de leur pays et essayer de la comprendre pour pouvoir avancer."L'histoire de l'Algérie c'est l'histoire de nos parents, on ne peut pas détacher l'un de l'autre. Chercher à connaître son histoire c'est renforcer son amour pour la patrie et bâtir son avenir sur de bons fondements", a-t-il affirmé.Il a soutenu que les recherches sur l'Histoire ne doivent pas être tributaires des dates-symboles et de certaines circonstances comme le 5 juillet ou le 1er novembre, mais plutôt requérir un travail continuel qui permettra "d'avoir lus de visibilité sur les évènements et arriver à une écriture authentique qui prendra en compte tous les aspects de la Révolution algérienne connue pour sa spécificité à travers le monde".
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