Outre la marche d'étudiants organisée, chaque mardi, au chef-lieu de wilaya, le débat se poursuit à l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, où des rencontres sont organisées à travers les différents campus de l'UMMTO.D'ailleurs, lundi, l'auditorium du campus de Tamda a abrité une conférence animée par Belkacem Boukherouf, enseignant-chercheur à la faculté des sciences économiques de Tizi Ouzou et militant des droits de l'homme. Ainsi, devant une assistance nombreuse, le conférencier a mis en relief, lors de son intervention, notamment la question des enjeux politiques et économiques dans la situation que traverse actuellement le pays qui est, a-t-il expliqué, à la croisée des chemins. «Vers le meilleur ou vers le pire», a-t-il souligné, pour prévenir, entre autres, sur certains développements des événements de l'actualité nationale qui peuvent mener le pays vers des jours meilleurs ou le chaos.
L'invitée du collectif des étudiants des sciences appliquées de l'UMMTO a ainsi exhorté les élites politiques et universitaires à s'impliquer dans la mise en place d'un large mouvement citoyen pour mener la transition. Celle-ci doit, a-t-il insisté, être balisée, au préalable, dans le sens de tenir compte de plusieurs critères inhérents essentiellement aux principes des droits de l'homme, de la séparation de la religion de la politique et de l'égalité des sexes.
Il s'agit là, a déclaré M. Boukherouf, des paramètres fondamentaux pour mener à bien la transition et canaliser la mobilisation populaire enclenchée depuis le 22 février dernier pour le départ du système. Le même enseignant-chercheur a abordé également le rôle de l'armée, qui doit, a-t-il soutenu, garder sa plus grande neutralité, car, selon lui, dans tous les pays où l'armée s'est impliquée dans la vie politique, la crise est accentuée au lieu d'être résolue.
Sur un autre volet, Belkacem Boukherouf a averti aussi que les conséquences de la crise que traverse l'Algérie sur l'économie du pays, qui peut se diriger inéluctablement vers une impasse. «Il est impératif de mener un suivi minutieux de la question économique en Algérie qui pourrait en pâtir gravement sous l'effet de cette crise et conduire le pays vers une impasse insoutenable», a ajouté le même universitaire qui, pour rappel, a déjà animé des conférences sur la transition dans plusieurs localités en Kabylie.
Par ailleurs, notons que le débat se poursuit toujours à l'université de Tizi Ouzou, après l'empêchement de la conférence intitulée «Du mouvement culturel berbère d'Avril 80 au mouvement populaire de février 2019», que devait animer l'ancien détenu du Printemps berbère, Dr Mouloud Lounaouci, à l'invitation de la Coordination locale des étudiants (CLE). Cette rencontre a été, pour rappel, empêchée par un groupe d'étudiants, qui en est arrivé aux mains avec les organisateurs.
L'empêchement de cette rencontre a suscité la réaction, notamment des animateurs d'Avril 1980, qui ont initié une pétition pour dénoncer les incidents qui se sont produits lors de l'empêchement de la conférence en question. «Nous ne devons pas et ne pouvons pas laisser passer cette forfaiture. Les débats dans l'université de Tizi Ouzou ont fait école. Ils constituent une tradition pour laquelle ont été consentis les plus grands sacrifices.
Ce capital intellectuel et démocratique doit impérativement être préservé et développé. Nous témoignons notre solidarité la plus active au docteur Lounaouci, à M. Kecili et aux étudiants qui honorent les traditions de lutte de leur institution», lit-on dans la déclaration des animateurs du MCB.
De son coté, le recteur de l'UMMTO, le professeur Ahmed Tessa, a souligné, dans une déclaration envoyée à la presse, que «la dynamique mise en place par des enseignants, des fonctionnaires et des étudiants ne peut être remise en cause par des individus qui veulent dévier l'université de ses missions nobles de formation, de recherche et de diffusion des valeurs universelles», le Pr Tessa a tenu à saluer l'engagement de la communauté universitaire à sauvegarder les acquis démocratiques de notre auguste université qui porte, a-t-il souligné, le nom d'un grand homme, Mouloud Mammeri. «Nous condamnons avec fermeté toute forme de violence à l'intérieur de l'université», a-t-il ajouté.
? Université de Tizi Ouzou : Comité de veille et de suivi du mouvement
Des enseignants de l'université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou (UMMTO) ont mis sur pied un comité de veille et de suivi du mouvement populaire enclenché depuis le 22 février dernier.
Les initiateurs de ce comité, dont Belaïd Abrika et Khaled Guedeche, enseignants à la faculté des sciences économiques de l'UMMTO, ont organisé, hier, une assemblée générale au campus de Hasnaoua.
«Pour neutraliser ces forces réactionnaires et contre-révolutionnaires, nous appelons la communauté universitaire (enseignants, étudiants et fonctionnaires) à se mobiliser et à se constituer en collectifs, à s'impliquer davantage dans le mouvement en organisant des débats autonomes au sein des facultés pour définir de nouvelles formes de lutte, de nouvelles perspectives aussi bien pour l'université ( élection des responsables) que pour le pays», soulignent-ils dans une déclaration rendue publique. H. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafid Azzouzi
Source : www.elwatan.com