Il faut bien s'accrocher à quelque chose, a tristement résumé un habitué des drames locaux, perdu mais pas pendu dans un océan sans repères. Dans un pays où les écoliers se pendent aux arbres et les chômeurs s'immolent par le feu sans susciter aucune inquiétude des autorités, la question reste ouverte : pourquoi mourir si vite, avant même d'avoir vécu ' Pour Tizi Ouzou, qui détient le record des suicides, ce n'est pas vraiment nouveau. Il y a 4 ans de cela, 366 suicides ont été enregistrés sur une année, qui donne une moyenne morbide d'un suicide par jour. Pour les enfants par contre, ce n'est pas uniquement le fait de cette wilaya, 11 suicides d'écoliers ont été enregistrés à travers le pays depuis le début de l'année scolaire.
La désintégration sociale aura conduit des enfants de moins de 13 ans à se tuer, en se pendant à la chose la plus solide qu'ils aient trouvée dans leur environnement. La détresse personnelle est-elle liée à un malheur ambiant ' Des élections ' Si cette classe d'âge n'est pas concernée, pour chaque Algérien(ne) qui ne se sent pas comme un élément d'un vaste projet, maillon d'une vision globale, à quoi bon ' On ne lui demande jamais son avis, sauf pour voter, et quand il lui arrive de le donner, il reçoit en retour les foudres de la censure, le froncement de sourcils des parents, la matraque du policier ou l'interdit de l'imam. Pour revenir aux écoliers qui se pendent, la question relève de la sociologie, les psychiatres ayant plus ou moins démissionné. Saïd Sadi d'abord, dont le départ relève aussi bien de la nécessité de l'alternance que de la folie passagère.
Le psychiatre Ridouh ensuite, qui a préféré mourir d'un arrêt du c'ur. Des enfants qui se suicident, est-ce bien normal ' Un cynique assumé ou un positiviste effréné, comme l'Algérie sait en produire, aura résumé ce triple drame en une phrase : ça veut dire au moins qu'il reste des arbres. Demain, une vie sans enfant et sans arbre ' Tout est possible. L'alliance objective entre le régime, destructeur, et l'islamisme, stérilisateur, associés à 51/49% dans l'usine du malheur, donne de quoi s'interroger sur ces lendemains dénudés qui se vendent aujourd'hui.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chawki Amari
Source : www.elwatan.com