La générale de la pièce théâtrale en kabyle La terre et le sang, adaptée du roman du même nom de l'écrivain martyr, Mouloud Feraoun, a été présentée vendredi soir au théâtre Kateb Yacine de Tizi Ouzou.Produite par le Théâtre régional de Tizi Ouzou, la pièce, traduite en kabyle par Mohand Aït Ighil, a été jouée par une troupe de comédiennes et comédiens de talent, en présence du metteur en scène, Omar Fetmouche, dramaturge bien connu et directeur du Théâtre régional de Béjaïa (TRB). Le public nombreux a agréablement suivi cette pièce retraçant l'histoire narrée par le brillant écrivain dans son roman La terre et le sang dans lequel s'entrecroisent émigration, fraternité, solidarité et' vengeance.
Le tout tourne autour du personnages de Amer, son oncle Rabah, Slimane, neveu de ce dernier, Chabha sa femme, Hamouche, cousin de Kamouma, mère de Amer, Marie l'Européenne, épouse de ce dernier ramenée de France. L'adaptation du décor est très proche de la réalité de l'époque de la rédaction du roman de Feraoun en 1953. Néanmoins, les costumes, particulièrement pour les femmes, avec ces rubans ou «turbans» autour des têtes, et des robes de couleurs diverses, mais unies pour chacune, ne semblent pas avoir de lien avec les robes bariolées en toile ou en soie, ni avec les foulards et amendils aux couleurs bigarrées dont se couvraient les paysannes kabyles depuis le milieu du XIXe siècle.
C'est du moins ce que plus d'un a fait remarquer. Ces femmes kabyles se ceignaient également la taille à l'aide des «agous» (ceinture) qu'elles- mêmes tissaient à la main à l'aide de fils de laine colorés. D'autres, celles enceintes notamment et qui ont eu des parents ayant été enrôlés durant les deux guerres mondiales ou l'une d'elles, se ceignaient avec des «aggous n'tarayour», autrement dit la longue «ceinture du tirailleur», faite de tissu en soie, de couleur rouge sang, avec lesquelles les tirailleurs nord-africains de l'armée française se serraient la taille en plusieurs tours afin de résister, dans les tranchées, à l'épuisement.
Présentée par chapitre, l'histoire reste émouvante et donne à réfléchir devant les chamailleries que s'échangent les jeunes épouses se jalousant à qui mieux mieux pour savoir qui est en mesure de donner des mâles à son mari, à sa belle-mère, pour assurer un héritage tel qu'attendu par les aïeux «frustrés». Comédiens et réalisateurs ont reçu les encouragements mérités que leur prodiguent à chaque occasion les services de la culture pour leur talent et ce genre d'initiatives, même si une certaine «inadéquation» reste perceptible, dans les costumes de femmes évidemment.
Omar Fetmouche a affiché, en cette soirée ramadanesque, un air des plus comblés après la présentation de sa pièce, content autant que le reste du staff des comédiens d'ailleurs, d'avoir été suivi de bout en bout avec des applaudissements nourris à chaque entracte pour la pose de décor approprié. Il remerciera particulièrement le directeur de la culture et les responsables du TR Kateb Yacine ainsi que l'ensemble de la population pour l'hospitalité et les égards dont ils ont été entourés, lui et son équipe.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salah Yermèche
Source : www.elwatan.com