
Une vue de Tizi OuzouL'Algérie est forte en matière sécuritaire mais présente des points faibles dans sa cohésion sociale.La situation sécuritaire au Sahel, la guerre en Syrie et avant en Irak, le terrorisme islamiste et Djihadiste ont été les thèmes abordés jeudi dernier par des experts dans les domaines à la grande salle de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou. Invités du Café littéraire, pour parler du dernier numéro de la revue Naqd, Saïda Bedar, sociologue et spécialiste de l'Irak et Tawfik Hamel historien ont décortiqué les nouveaux dispositifs géostratégiques déployés par les puissances mondiales et leur impact sur la souveraineté nationale. Les communications très poussées des intervenants ont été modérées par le sociologue Daho Djerbal.En fait, le thème se déclinait et, les conclusions des conférenciers l'ont bien confirmé, les Etats-nations issus généralement de la décolonisation font face à une menace réelle de désintégration. L'Algérie, même si, à bien des égards, présente des défenses immunitaires en matière sécuritaire, il n'en demeure pas moins qu'elle a des points faibles au niveau de la cohésion sociale. Ce qui fera dire d'ailleurs, à tous, que ces puissances ne s'attaqueront jamais à l'Algérie militairement mais elles n'hésiteront pas à exploiter ses points faibles à l'intérieur. Le manque de libertés et de démocratie, l'injustice dans la distribution des richesses, les déséquilibres entre les régions et surtout les questions identitaires représentent une somme de brèches que l'Algérie se doit immédiatement de fermer.Pour expliquer la stratégie des puissances occidentales dans leur plan de pérennisation de leur domination des décennies prochaines qui verront l'émergence de nouvelles puissances, Saïda Bedar est remontée jusqu'au début des années 1950 pour expliquer la stratégie de destruction des Etats-nations en commençant par l'Irak. L'historienne expliquera que les Etats-Unis ont planifié la désintégration de ce pays pivot au Moyen-Orient au lendemain de la prise de pouvoir par le général Kacem.Les Américains interviendront pour la première fois, justement, pour faire tomber le régime de ce dernier qui était plutôt proche des Russes. Puis, ce fut en aidant Saddam Hussein dans sa guerre contre le régime iranien. Pour Saïda Bedar, les Etats-Unis voyaient par ce conflit meurtrier, une manière d'affaiblir les deux armées irakienne et iranienne. Puis, enfin, le plan US se décline et se précise lors de l'intervention militaire qui a succédé à l'invasion du Koweït par Saddam et la mise à mort de ce pays par les sanctions économiques suivies du coup de grâce militaire qui s'est terminé par la liquidation pure et simple du président Saddam Hussein. Les stratégies de déploiement et de repli ne diffèrent pas. Malgré le retrait militaire US d'Irak, il est à signaler que les Américains ont gagné un marché de 1000 milliards d'investissements dans les 50 années qui viennent et pas moins de 300 milliards de barils de pétrole de réserve.Pour les conférenciers, les évènements du printemps arabe sont un prolongement de ce que Daho Djerbal qualifiait de volonté des Etats-Unis de garantir sa suprématie économique et militaire dans les trois décennies prochaines qui verront l'émergence des puissances régionales. Les plans de désintégration de la Syrie et de la Libye en cours n'épargnent pas l'Algérie, bien que ces conflits soient plus le fait des Français et des Européens. Elle est considérée comme un pays tampon dans la stratégie de déploiement militaire et économique US dans la région. La ville de Tamanrasset est considérée à cet effet justement comme le noeud stratégique de la circulation aérienne militaire US. C'est pourquoi les pressions exercées sur l'Algérie ne cesseront jamais pour l'implantation de bases militaires.Cette stratégie se décline comme l'expliquera l'historien Tawfik Hamel par des stratégies de domination à plusieurs dimensions. Les notions de mondialisation, de libéralisme économique et autres formules sont justement utilisées par les Com de la stratégie US pour exporter la sécurité dans le monde et surtout développer ce qu'ils appellent la notion d'abstraction de la domination US. A cet effet justement, les intervenants se sont accordés à dire que les médias algériens doivent intégrer ce fait dans leur travail.Pour Daho Djerbal, la presse algérienne reprend les dépêches des agences de presse occidentales oubliant que ces dernières font partie du plan de communication des Occidentaux dans leur stratégie de déploiement dans le Sahel et la désintégration des Etats-nations.Notons enfin, que le dernier numéro de la revue Naqd aborde ce thème et décortique les enjeux dans des interventions de spécialistes de la question.Rappelons également que la rencontre de jeudi dernier a été organisée par l'entreprise d'organisation et de manifestations culturelles, économiques et scientifiques (Emev) dont les initiateurs se donnent à fond pour ressusciter la culture du débat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com