Les comptes rendus de presse font état de l'élimination d'une dizaine de terroristes à Sidi Ali Bounab.
D'autres opérations sont en cours également dans la forêt de Mizrana, sur le versant est de la wilaya de Boumerdès. Plus loin vers Afir jusqu'à Dellys, les forces de l'ANP ont bouclé un périmètre important. Au sud de Tizi Ouzou, ce sont les régions d'Aït Yahia Moussa, Tizi Gheniff et Begas qui sont touchées par l'offensive militaire. Les autorités du pays ont-elles enfin décidé de nettoyer la région sinistrée par l'insécurité régnante depuis le début du terrorisme dans les années 1990, et surtout durant ces dernières années du fait qu'AQMI en a fait son fief '
Un rapport anglais rendu public, il y a presque un mois, classait l'Algérie parmi les pays à moyen risque terroriste, mais distingue la Kabylie comme étant la région à fort risque terroriste. Outre les attentats commis contre les troupes de l'ANP et les éléments des autres services de sécurité, AQMI a procédé aussi à une soixantaine de kidnappings. L'organisation terroriste de Abdelmalek Droukdel, qui en fait son champ d'opération, a plongé la Kabylie dans la terreur la plus totale, ce qui a induit inévitablement une dégradation sur tous les plans, économique et social surtout. La situation n'a pas manqué d'ailleurs d'être dénoncée par des acteurs politiques, notamment le RCD qui a à maintes reprises crié à son isolement volontaire. Plus que la dégradation du cadre de vie, la Kabylie, contrairement aux autres régions du pays qui ont connu les pires moments du terrorisme mais pacifiées presque totalement aujourd'hui, est saignée à blanc.
Après la délocalisation de plusieurs projets d'investissement, due évidemment au climat d'insécurité qui y règne depuis plusieurs années, des dizaines d'entrepreneurs de la région ont fait aussi le douloureux choix de déplacer leurs activités vers d'autres wilayas voisines pour échapper aux enlèvements et au paiement de rançons. Les fléaux sociaux ne manqueront pas d'apparaître. La drogue et le banditisme ont trouvé le terrain qu'il faut pour prospérer. Il s'agit du chômage qui est en partie la conséquence directe du désinvestissement dans la région. La Kabylie est devenue aussi une sorte de «djihadistan» pour les groupes salafistes décidés à mener une grande, vaste et surtout suspecte entreprise d'islamisation. Un véritable danger qui menacerait non seulement la sécurité dans la région mais dans tout le pays. Imaginons un seul instant que l'organisation terroriste AQMI élargisse ses tentacules à travers un vaste réseau de soutien dans une population salafisée ! L'on peut prévoir aisément le désastre que cela impliquerait. C'est cela peut-être qui aurait interpellé les autorités du pays longtemps freinées par le contexte politique induit par la réconciliation nationale. Cette dernière, menée au pas de charge, n'a pas tellement servi à grand-chose dans la région de Kabylie.
Les incessants appels, le dernier en date de l'ancien émir du GSPC Hassen Hattab et ses acolytes, n'ont pas eu l'écho attendu dans les maquis terroristes. Les quelques redditions, qui ont certainement servi le renseignement, ont été très en deçà de ce que prétendaient les propagandistes de la réconciliation nationale. C'est en réalité ce climat général qui a anesthésié, voire annihilé toute volonté de frapper l'hydre intégriste, car les portes restaient toujours ouvertes au repentir comme l'a tout de temps préconisé le chef de l'Etat.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Said Rabia
Source : www.elwatan.com