Tizi-Ouzou - A la une

La réalité algérienne, la grande absente



Présentées, pourtant, comme un véritable problème de santé publique, les maladies mentales ne semblent avoir fait, en Algérie, l'objet d'aucune étude quantitative ou qualitative qui permet, jusque-là, d'en cerner l'ampleur et la réalité, ou encore de faire avancer les recherches dans le domaine de la psychiatrie dans le pays. C'est, du moins, ce qu'a révélé le congrès national de psychiatrie organisé, jeudi, à Tizi Ouzou, sous le thème "L'humeur dans tous ses états" et avec la participation des spécialistes venus des quatre coins du territoire national, et même de l'étranger.En effet, aucune étude algérienne n'a été citée, lors de ce congrès, par les nombreux spécialistes intervenants qui, dans leurs exposés, se sont tous appuyés sur des statistiques et des études américaines ou réalisées dans les pays européens.
Hormis quelques cas cliniques cités à titre indicatif de l'existence des affections mentales citées, aucune situation globale pouvant illustrer l'ampleur de ces affections au niveau local ou national n'a été présentée à l'occasion de ce congrès consacré essentiellement aux aspects théoriques de la bipolarité et des troubles de la personnalité.
Interrogé sur cette question au cours des débats qui ont suivi les différentes communications, le professeur, M. A. Bencharif, chef du service médico-légal de l'hôpital Frantz-Fanon de Blida, a confirmé l'inexistence de toute étude en Algérie. "Nous avons tenté, mais nous avons fini par baisser les bras à cause du manque de moyens et de personnel", a-t-il expliqué à l'assistance. Les spécialistes reconnaissent que de nouvelles affections sont de plus en plus détectées et que le nombre de personnes touchées est important. Mener de telles études pourrait donc s'avérer d'un intérêt capital dans un pays comme l'Algérie où les événements traumatisants, et pouvant avoir de lourdes conséquences mentales, sont loin d'être rares. Il faut noter que ce congrès de psychiatrie a, néanmoins, été une occasion pour un échange fructueux entre spécialistes autour de certains concepts utilisés dans le domaine de la psychiatrie et aussi de certaines affections dont la détection et la qualification sont encore entourées d'une certaine confusion. Une occasion également de tirer la sonnette d'alarme quant à l'ampleur que ne cesse de prendre en Algérie l'addiction des adolescents à l'Internet.
Samir LESLOUS
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