La question économico-politique du financement non conventionnel fera l'objet, aujourd'hui et demain, d'un colloque international à l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou où, à travers les 80 communications prévues au programme, des universitaires de plusieurs pays débattront de toutes les facettes de cette question qui a polarisé l'actualité nationale durant plusieurs mois. Selon la présidente du colloque, le Pr Chabha Bouzar, trois objectifs principaux sont assignés à ce colloque intitulé "Le financement non conventionnel en Algérie : origines, impacts et alternatives".Il s'agit en premier lieu, dit-elle, de faire une rétrospective qui consiste à identifier et à cerner les véritables faits et causes ayant conduit à recourir au financement non conventionnel puis, en deuxième lieu, d'étudier la mise en application de ce mode de financement et ses effets économiques et sociaux et en troisième lieu, d'envisager les conditions d'un changement profond qui permettrait d'éviter des crises financières récurrentes et leurs conséquences économiques et sociales en Algérie. Durant ce colloque, explique Mme Bouzar, il est question avant tout de s'intéresser à ce qui a conduit le gouvernement à faire appel à ce type de financement.
"En 2014, le pays vivait une difficulté financière liée à la chute du prix du pétrole qui a baissé de presque 50% puisque le prix du baril était de 50 dollars, alors qu'il vivait dans une aisance financière jusqu'à mi-2014 avec un prix de 150 dollars le baril", a-t-elle relevé, tout en expliquant que, dès lors que la manne pétrolière constitue un élément-clé des politiques publiques, la forte baisse des prix du pétrole à partir de juin 2014, et avec elle celle des revenus pétroliers qui sont passés de 60 milliards de dollars à 31 milliards de dollars, a conduit les pouvoirs publics à utiliser la totalité du fonds de régulation des recettes pour éponger les déficits successifs du Trésor public.
"La raréfaction des ressources a créé une crainte de cessation de paiement au niveau interne, qui peut se transformer en une crise grave et lourde de conséquences sociales, économiques et politiques, et pour faire face à cette situation délétère, les pouvoirs publics ont choisi le financement non conventionnel alors que d'autres sources alternatives existent", a-t-elle analysé, tout en citant, entre autres sources, l'endettement extérieur, la dévaluation de la monnaie, l'augmentation de la fiscalité, etc.
Selon le Pr Bouzar, les discussions s'articuleront justement autour de cette stratégie de financement qui présente, certes, des opportunités, mais qui n'est pas aussi sans risques majeurs. "Elle permet, certes, de débloquer et de relancer les leviers économiques et sociaux mais, en même temps, elle laisse entrevoir une spirale inflationniste à deux chiffres qui peut entraîner des effets néfastes", a-t-elle averti, soulignant que le colloque sera, ainsi, une opportunité d'apporter des éclairages à ce sujet.
Samir LESLOUS
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir LESLOUS
Source : www.liberte-algerie.com