Les étudiants et les citoyens qui ont tenté, hier, de raviver la flamme des manifestations du mardi à Tizi Ouzou ont été réprimés par la police qui n'a pas hésité à user de la matraque pour disperser la foule composée majoritairement de jeunes femmes.La foule qui s'est rassemblée à 11h devant l'entrée du campus Hasnaoua de l'université Mouloud-Mammeri venait à peine d'entamer la marche qu'elle s'est heurtée à un impressionnant dispositif des forces antiémeutes déployées à hauteur du stade du 1er-Novembre pour l'empêcher de poursuivre son chemin.
La foule tente, dans un premier temps, de forcer le passage. Sans succès. Une avalanche de coups s'abat alors sur les manifestants. Cinq d'entre eux ont été traînés avant d'être embarqués dans des véhicules de police. Le calme n'a pas tardé à revenir et les manifestants qui campent sur place scandent les slogans habituels de la révolution populaire.
Mais à peine la bastonnade de la police venait-elle de cesser, que des "baltaguia" tentent de prendre le relais, certains en s'adonnant à des provocations et à d'abjectes insultes, d'autres, en tentant carrémént de forcer le passage avec leurs véhicules au milieu de la foule compacte.
Les manifestants restent, toutefois, imperturbables. Vu que leurs rangs grossissaient, la route a fini par être fermée à tout véhicule. Les manifestants tentent à nouveau de forcer le cordon sécuritaire.En vain. Ce dernier était visiblement infranchissable vu le nombre d'hommes en bleu déployés.
Le face-à-face dure plus de deux heures. C'est la première fois depuis la reprise des manifestations de rue, le 22 février dernier, que des étudiants descendent dans la rue à Tizi Ouzou pour tenter de relancer les marches du mardi qui, dans d'autres villes du pays, notamment Alger, ont déjà repris depuis trois semaines.
Des étudiants interrogés sur cet immobilisme qui caractérise l'université de Tizi Ouzou ont expliqué que de "grosses et viles man?uvres ont été orchestrées pour déstructurer, paralyser, puis briser toutes les structures estudiantines de l'intérieur".
"Des cercles du pouvoir, via leurs cellules à l'université, ont accaparé tout l'espace universitaire, usant de l'intimidation, de la menace et, parfois même, de la violence à l'encontre des étudiants. Les plus actifs sont devenus la cible privilégiée de ces groupes qui agissent avec des complices extra-université", nous a expliqué un étudiant qui ajoute, toutefois, qu'un travail de restructuration est en cours.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir LESLOUS
Source : www.liberte-algerie.com