La marche a été marquée par une présence plus remarquable de banderoles, de pancartes et de portraits appelant à la libération des détenus d'opinion.Etouffées à coups de répression dans la majeure partie du territoire national, les manifestations du vendredi continuent à drainer les foules des grands jours à Tizi Ouzou où une immense marée humaine a battu, hier encore, le pavé à l'occasion du 120e vendredi de l'insurrection populaire du 22 Février.
Sans surprise aucune, c'est sur le rejet des élections législatives du 12 juin que les manifestants ? qui ont pris part à cette marche qui intervient en pleine campagne électorale et à un seul vendredi de sa tenue ? ont insisté.
La couleur a été annoncée avant même l'entame de la manifestation puisque dès le début du traditionnel rassemblement sur l'esplanade du stade du 1er-Novembre à 13h, les slogans exprimant le rejet des élections commençaient déjà à prendre le dessus sur tous les autres.
Ce qui s'est confirmé à 13h30, heure du départ de la marche, tant la majorité écrasante des banderoles, pancartes et slogans, brandis et scandés, ont mis cette échéance du 12 juin dans leur ligne de mire.
En tête du premier carré, une banderole que les manifestants ont été contraints de diviser en trois en raison de sa largeur qui dépassait celle de la route longeant le CHU de Tizi Ouzou, on pouvait lire en rouge et noir : "Non aux élections du 12 juin". Les nombreux manifestants qui la brandissaient scandaient les différents slogans qui prônent le rejet de ce rendez-vous politique.
Sur différentes pancartes, on pouvait lire : "Ma voix a plus de valeur que votre voie sans issue", "L'élection du 12 juin n'est qu'une opération de recrutement de représentants anti-peuple", "Campagne électorale dites-vous : meetings annulés, salles quasi vides, propos loufoques et scènes burlesques", "Le plus mauvais des régimes est celui qui te réprime et t'invite à voter", "Ni vote ni bruit de bottes". Certains messages ridiculisaient la campagne électorale en la qualifiant "tantôt de carnaval, tantôt de pièce théâtrale".
Sur le grand boulevard Abane-Ramdane, au centre-ville, où de nombreux manifestants attendaient pour rejoindre la marche, la marée humaine qui était encore plus imposante, s'étendait à perte de vue. Le premier carré avait déjà dépassé la deuxième trémie du centre-ville alors que le dernier n'avait pas encore franchi la première.
Une véritable démonstration de force à laquelle ont participé de nombreux manifestants qui ont fui leurs wilayas, dont Alger et Sétif, comme le confirmaient les pancartes brandies.
Selon des échos, plusieurs autres manifestants ont été interceptés par la police sur les routes et les ont empêchés de poursuivre leur chemin jusqu'à Tizi Ouzou. La marche d'hier a été également marquée par une forte présence de banderoles, de pancartes et de portraits appelant à la libération des détenus d'opinion.
Sur certaines d'entre elles, il était facile de déceler la colère des manifestants après la déclaration du Président qui a qualifié le journaliste Rabah Karèche de "pyromane", lui qui croupit en prison pour ses écrits.
D'autres slogans réaffirmaient l'attachement du peuple à l'instauration d'un Etat civil et démocratique à travers une transition démocratique.
Samir LESLOUS
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir LESLOUS
Source : www.liberte-algerie.com