Au lieu de bénéficier d'encouragements, des techniciens subissent des mesures «répressives et discriminatoires».
Le fameux projet de biométrie, annoncé en grande pompe vers octobre 2009 par l'ex-ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, semble être loin de connaître une parfaite concrétisation dans certaines daïras de la wilaya de Tizi Ouzou, et ce, en dépit du déploiement de moyens colossaux par l'Etat et les efforts considérables que fournissent les ingénieurs informaticiens. Pour permettre une accélération de cette opération, nombre de ces techniciens subissent, d'après eux, des mesures «répressives et discriminatoires» qui les démotivent et les découragent moralement, au moment où tout un arsenal technique est engagé dans ce processus dit de redressement de l'administration et de réorganisation avec des méthodes qualitatives nouvelles.
Un des exemples illustrant la situation nous est venu récemment de la daïra de Draâ Ben Khedda. Une ingénieure informaticienne dans ce service nous relatera sa déplorable aventure. «Contre toute attente, dit-elle, c'est au moment où je m'attendais, non pas à quelque promotion que ce soit, mais du moins à un mot encourageant pour le sérieux de mon travail, pour mon professionnalisme et pour ma tâche sans faille dans ce métier exercé depuis la mise en place de la plateforme biométrique à la daïra de Draâ Ben Khedda, que j'ai été plutôt victime d'une sanction disciplinaire, injuste et arbitraire.» Etonnée d'être convoquée à ce propos par la Direction de l'administration locale (DAL) de Tizi Ouzou, l'ingénieure en question écrit au même DAL, avec copie au wali, une requête pour lui faire part du «préjudice moral» qu'elle subit, et de sa confrontation quotidienne à différents obstacles et contraintes dans la bonne marche de son service. «Pourtant, je n'ai jamais cessé de remplir correctement cette fonction pour laquelle j'ai apporté la preuve de toutes mes capacités, en collaborant parfaitement à son bon fonctionnement.»
Dans sa requête, cette ingénieure fait part au premier magistrat de la wilaya de «ses humiliations de toutes sortes, de son harcèlement moral, d'intimidations, de dépassements portant atteinte à ma dignité», citant nommément ses détracteurs, et ce, ajoute-t-elle, «en dépit de mon calme, de ma correction et de mon professionnalisme.»
Son tort, croit-elle savoir, «vient du fait que j'ai apporté la preuve de mes compétences, de ma collaboration pour un parfait fonctionnement du service, surtout lorsque j'ai notamment alerté les responsables quant à mon constat des différentes et graves anomalies qui entravent le processus du déroulement de l'opération biométrique, en signalant, par exemple, le manque considérable d'équipements et de matériels nécessaires pour le succès de la biométrie (salle d'enrôlement non équipée et non conforme aux standards, climatiseurs et projecteurs manquants, service biométrique non sécurisé par des portes blindées comme prévu à l'origine'), d'autant que cela est une partie prenante de mon travail. Mais, à la place d'encouragements, j'ai eu en retour des intimidations et des menaces, avant d'être mise par la force des choses face à deux choix : demander ma mutation ou passer, comble d'arbitraire, en conseil de discipline.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salah Yermèche
Source : www.elwatan.com