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La formation, parent pauvre du tourisme



La formation, parent pauvre du tourisme
Le directeur général de l'Entreprise de gestion hôtelière d'El Aurassi, Laâmari, n'a pas pris de gants pour dire ce qu'il pense des écoles nationales supérieures de formation dans le tourisme. Des écoles « en ruine », c'est ainsi qu'il les a qualifiées, hier, à l'occasion d'une journée d'études sur la formation dans le tourisme, dans le cadre du 15e Salon international du tourisme et des voyages (Sitev). « Il y a 40 ans, j'ai enseigné à l'école de tourisme de Boussaâda. J'ai visité cette école il y a quelques jours, et j'ai constaté, 40 ans après, que rien n'a changé dans cet établissement. Les mêmes moyens, les mêmes murs, les mêmes salles de restauration, les mêmes chaises », confie-t-il, en citant également l'école de tourisme d'El Aurassi. A ce propos, il a fait savoir que les élèves ne franchissent jamais le seuil de l'hôtel El Aurassi alors qu'une simple porte les sépare de cet édifice où ils peuvent beaucoup apprendre. Il a exprimé également ses doutes quant à la réalisation de l'école de tourisme à Tipasa devant accueillir 600 élèves. « Depuis le temps qu'on en parle, rien encore n'est fait. Je crois que les concepteurs ont vu grand avec un immeuble de 17 étages et deux amphithéâtres alors que les élèves sont juste en quête d'une bonne formation. Je doute sincèrement qu'elle soit construite un jour », estime-t-il. Ce que Wahiba Moumène, directrice de la formation et de la valorisation des ressources humaines au ministère du Tourisme et de l'Artisanat, a réfuté. « Il est vrai que les écoles ne sont pas bien équipées. Il est vrai aussi que certains contenus de formation peuvent paraître obsolètes mais des efforts sont fournis pour améliorer les choses. Notre souci est de mettre les contenus de formation à jour, les adapter aux besoins du marché. C'est pour cette raison que nous faisons appel aux professionnels afin qu'ils nous donnent leurs avis et orientations », relève-t-elle. A ce propos, Chiyah, directeur général de l'Entreprise de gestion de Tipasa, a déploré que les opérateurs économiques dans le tourisme ne soient pas associés à la réflexion sur la conception de la stratégie relative à la formation. « Nous avons beaucoup de choses à apporter pour peu qu'on nous sollicite », affirme-t-il. Des enseignants en tourisme ont appelé à trouver des formules pour motiver les élèves, les pousser à aimer ce qu'ils font. Selon le directeur de l'Ecole nationale supérieure de tourisme à El Aurassi, Zaïdi, 30% des étudiants quittent leur formation avant la fin du cursus car ils croyaient que celle-ci se limite à des voyages touristiques. « Nous sommes très en retard dans la formation à cause de la décennie noire. Une mise à niveau et un recyclage sont nécessaires », souligne-t-il. Mme Moumène a confié également, dans ce contexte, que le nombre de diplômés dans ce secteur, ne dépassant pas les 250 chaque année, est en deçà des besoins du marché. « Mais avec l'ouverture d'autres écoles, à Adrar, Tipasa et Aïn Témouchent, nous espérons que leur nombre augmentera. Nous sommes en relation avec des entreprises pour qu'elles évaluent sur le terrain les capacités de chaque élève pour faciliter les recoupements », dira-t-elle, tout en signalant la décision du ministère du Tourisme de lancer une opération de mise à niveau des personnels non diplômés mais expérimentés exerçant dans les différents infrastructures touristiques. L'expert tunisien, Ahmed Bahiri, a fait part, quant à lui, d'un projet pilote au profit de l'école de tourisme de Tizi Ouzou pour une formation dans la restauration et les cuisines.


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