Les résultats des élections locales partielles à Béjaïa et Tizi Ouzou incitent à une nouvelle lecture quant à la nouvelle dynamique participative de la population. Le taux de participation à ces élections a atteint 30,11% à Béjaïa et 33,72% à Tizi Ouzou. C'est la première fois depuis 2001 que l'on enregistre ces taux. Ce qui rend cette dernière participation historique et qui ouvre des voies vers une nouvelle situation politique en matière de gestion de la chose publique et de la réhabilitation de l'acte de vote. Aucune voix ne s'est élevée pour contester le scrutin ou ses résultats. Ce qui renseigne sur la gestion sereine et calme du processus électoral. Le taux de participation reflète la tendance générale qui a impacté les élections présidentielle, législatives et locales au niveau national. Il s'agit d'une nouvelle démarche qui démontre on ne peut plus clairement que les anciennes pratiques frauduleuses des élections entachées d'irrégularité sont désormais renvoyées aux calendes grecques. Ce scrutin partiel entérine le parachèvement de l'édifice institutionnel et ferme la parenthèse de l'instabilité institutionnelle qui guettait le pays il y a de cela trois années sur fond d'une crise de confiance qui a affecté les institutions de l'Etat. La nouvelle reconfiguration politique renseigne sur les nouveaux enjeux qui se dressent au pays en général. La percée inattendue des «indépendants» annonce une nouvelle réalité dont toutes les forces politiques traditionnelles doivent prendre au sérieux si elles ne veulent pas connaître d'autres déconfitures et menaces de disparition sur la scène politique. Les partis politiques n'ont pas exprimé leurs avis quant aux derniers résultats des élections partielles dans la région de la Kabylie. Hormis le Rassemblement national démocratique (RND) qui a salué à ce propos «le succès des élections communales partielles tenues à Béjaïa et à Tizi Ouzou, qui interviennent en accomplissement du processus de consolidation de l'édifice institutionnel et en satisfaction des revendications des citoyens en matière de concrétisation des programmes de développement au niveau local». Et d'ajouter: «La nécessité de mettre en oeuvre les décisions prises lors du Conseil des ministres, notamment celles liées directement au quotidien du citoyen et à ses préoccupations essentielles», et d'accélérer la cadence des réformes et la publication des Codes communal et de wilaya en vue de relancer la gouvernance locale». Ces élections s'inscrivent dans le sillage des changements qu'enregistre le pays en général sur le plan politique. L'acte de vote n'est plus un moyen pour réhabiliter les pratiques honnies par le peuple, à savoir la fraude qui s'est «institutionnalisée» durant les périodes précédentes. L'acte électoral va dégager un potentiel de beaucoup d'Algériens qui croient en la nécessité de s'impliquer dans la vie politique sans pour autant verser dans des situations de tiraillements et de clivages. C'est le seul moyen pour combattre la dépolitisation programmée par des forces dont le despotisme politique constituait la raison d'être et une stratégie concoctée d'une manière délibérée.La leçon des indépendants doit donner à réfléchir et susciter l'intérêt de la classe politique nationale. La recomposition de l'échiquier politique n'est plus l'apanage des partis politiques traditionnels et leurs anciennes méthodes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hocine NEFFAH
Source : www.lexpressiondz.com