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La figue vendue sur les trottoirs à Tizi Ouzou



La figue vendue sur les trottoirs à Tizi Ouzou
La férocité avec laquelle sont broyés tous les vecteurs de développement rend suffisamment compte de la situation.Avec le plus beau coucher de soleil sur la planète, l'Algérie est (111e) au classement mondial des destinations touristiques. Si les pouvoirs publics ont mis le paquet pour l'investissement dans de nouvelles infrastructures et la rénovation des anciennes, où se situerait alors le blocage' Les spécialistes pointent du doigt plusieurs inconvénients qui rendent le développement de l'industrie touristique impossible en l'état actuel des choses. Beaucoup d'entre eux trouvent d'ailleurs les zones d'extension touristique un gouffre de budgets sans aucun effet sur le secteur. Bien au contraire.
Cependant, la meilleure explication, nous la voyons chaque jour sur le terrain. La férocité avec laquelle sont broyés tous les vecteurs de développement rend suffisamment compte de la situation. Les exemples sont légion et visibles à l'oeil nu. Ces jours-ci, la Kabylie connaît la fin de la saison de la figue et de la figue de barbarie. A elle seule, elle peut s'imposer comme le plus grand producteur du pays, du Maghreb et de la Méditerranée. Mais il n'en est rien. Absolument rien du tout. Voyons cela sur le terrain. Nous sommes sur la RN12, entre Tizi Ouzou et Draâ Ben Khedda. L'autoroute relie Tizi Ouzou à Alger, la capitale, le port d'Alger à une heure seulement. Des tentes aménagées en roseau affichent des paniers pleins de figues, de figues de barbarie et autres produits du terroir. Nous nous arrêtons au milieu de cette file de «maisons de la figue» qui s'enchaîne et qui s'allonge le long de l'autoroute. «Combien coûte un kilo de figue'», avons-nous demandé. «150 dinars», répond sèchement le vendeur. Pressé, notre interlocuteur n'a pas daigné répondre à notre seconde question au sujet de la cherté du produit.En fait, le produit était non seulement cher mais de mauvaise qualité. Laissées durant toute la journée sous le soleil brûlant, les figues ont pris un sérieux coup. Nous nous sommes déplacés vers un autre, plus loin pour savoir les causes qui l'ont empêché d'aller vers le marché de fruits et légumes.
«Je ne peux pas aller là-bas. Il n'y a pas d'acheteurs. Ici sur l'autoroute, mes clients sont généralement des passagers d'autres wilayas du pays. Il y en a même beaucoup d'émigrés qui s'arrêtent pour acheter», explique notre ami. En fait, la réponse de notre interlocuteur explique mieux que 1 000 experts le problème. Les vendeurs cherchent les lieux où l'acheteur potentiel est présent. Ce que les responsables des secteurs concernés ne prennent pas ou pas suffisamment en considération. Les producteurs sont contraints de vendre leurs produits dans des conditions lamentables. Sur les routes, avec la poussière, le produit arrive au client dans de mauvaises conditions c'est-à-dire d'une mauvaise qualité. C'est pourquoi donc, ces produits, pour qu'ils puissent, jouer leur rôle de vecteurs de développement touristique doivent trouver les moyens d'accès aux marchés national d'abord et international par la suite. Pour ce faire, les responsables du secteur doivent laisser place aux professionnels. Les foires et autres expositions ne sont pas du ressort des fonctionnaires de la direction de la culture ou de l'artisanat mais plutôt des agences de communication et de l'évènementiel. Ces derniers peuvent placer le produit sur les circuits commerciaux car il est de leur intérêt de gagner la confiance des producteurs. D'ailleurs, certains jeunes chefs de ces boîtes ne cessent de réclamer l'organisation de ces foires depuis plusieurs années. Et chaque année, ils appellent les organisateurs à faire jonction entre les sites touristiques qui abritent des milliers d'estivants et les foires, en vain. Les producteurs perdent chaque été un acheteur potentiel incroyable. Pourtant, il suffit que les fêtes et les foires possèdent des chapiteaux au niveau des villes, littorales comme Tigzirt et Azeffoun.
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