Tizi-Ouzou - A la une

La difficile mission de convaincre



Les candidats aux élections locales du 27 novembre prochain amorcent, à compter d'aujourd'hui, l'étape la plus cruciale du processus qui conduira au renouvellement des assemblées, à savoir la campagne électorale.Une campagne qui, pour plusieurs raisons, s'annonce déjà éprouvante pour les candidats. Considéré par le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, comme "un nouveau jalon dans le processus d'édification d'une Algérie démocratique encore plus proche du citoyen", le scrutin du 27 novembre prochain intervient, à vrai dire, dans un contexte politique encore loin d'être apaisé, une conjoncture économique difficile et une situation sociale en ébullition. S'il est vrai qu'au plan politique, la tension qui a prévalu lors de l'élection présidentielle du 12 décembre 2019, lors du référendum pour la révision de la Constitution du 1er novembre 2020, et lors des législatives du 12 juin dernier, n'est plus de mise, il n'en demeure pas moins que la gestion répressive, de l'avis de beaucoup, de la vie publique continue d'être considérée comme un mauvais signal par le citoyen qui n'y voit pas un gage de bonne volonté des autorités à instaurer un climat apaisé et d'asseoir une véritable démocratie.
Même si le président Abdelmadjid Tebboune a affirmé, dans son message à l'occasion du 67e anniversaire du déclenchement de la Révolution, sa volonté "forte et ferme de protéger la liberté du choix souverain des citoyens et citoyennes" à l'occasion de cette élection, pour de nombreux citoyens et militants, il reste que la poursuite des arrestations de militants et le maintien en détention de plus de 200 personnes pour motif politique sur fond de rétrécissement sans précédent du champ des libertés individuelles et collectives ne sont pas de nature à susciter l'engouement des populations à aller voter, elles qui "affectionnent" pourtant mieux les joutes électorales lorsqu'elles sont locales. L'autre difficulté politique à laquelle les candidats risquent de se voir confrontés dans leur quête de ce qui est pourtant appelé "le pouvoir local" est aussi celle de convaincre que les assemblées locales, qui sont dépourvues de prérogatives, peuvent constituer un espace propice pour un réel exercice de la démocratie locale. "Il n'y a généralement pas de fraude lors des élections locales, puisqu'elles sont mieux contrôlées, mais une fois le choix de la population fait, celui qui est propulsé au fauteuil municipal se retrouve impuissant à répondre aux doléances de ses administrés", soutient un membre d'un comité de village de la région de Tizi Ouzou. À la raison politique, s'ajoute également le contexte socioéconomique dans lequel devront se dérouler ces élections.
Plus que les considérations politiques, c'est surtout la dégradation du pouvoir d'achat qui semble préoccuper le plus le citoyen. Longtemps et fortement impacté par les effets de la crise sanitaire, puis dans certaines régions du pays, par les incendies ravageurs de l'été dernier, les couches populaires ont les yeux rivés plutôt sur d'éventuelles solutions de nature à atténuer, un tant soit peu, les effets de cette dégradation qui a réduit des pans entiers de la société à la précarité. Preuve de cette focalisation sur les conditions de vie, l'ébullition qui caractérise, entre autres, le monde du travail, le secteur de l'éducation et de la santé.
Des secteurs où l'on parle plus des éventuelles grèves à venir que des élections. C'est dire l'effort de persuasion auquel sont appelés à faire preuve les candidats, en descendant dans l'arène, pour convaincre les électeurs de la pertinence du choix de la participation et des perspectives de la relance du développement local. Toutefois, en dépit de la réunion de tous ces facteurs démotivants, les élections locales étant connues pour obéir aussi et surtout à la loi de la proximité des candidats avec leurs électeurs, le taux de participation, même si éventuellement, il ne sera pas aussi élevé que celui des précédentes élections locales, il sera, toutefois, nettement plus élevé que celui des précédentes élections nationales.

Samir LESLOUS
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