
C'est bel et bien dans le domaine de la chanson que l'Académie suédoise a été puiser le nom du récipiendaire de son prestigieux prix Nobel de littérature en 2016, à la surprise générale des observateurs et des spécialistes. L'heureux élu, Bob Dylan, une véritable légende vivante de la chanson populaire américaine, n'a pas caché sa surprise. «Si jamais quelqu'un m'avait dit que j'avais la moindre chance de gagner le prix Nobel, j'aurais pensé que mes chances étaient aussi grandes que d'être sur la lune», avait-il affirmé après s'être dit «honoré».Il y a de quoi, d'autant que ce n'était pas de tradition de récompenser un chanteur même aussi populaire et prestigieux que Dylan. Forcément, cela crée polémique, mais pas plus. L'Académie suédoise se justifie en misant sur l'oeuvre poétique de l'auteur de l'inépuisable «Blowin'in the Wind». Sans ambages, l'Académie affirme avoir choisi de récompenser le musicien et poète américain «pour avoir créé [...] de nouveaux modes d'expression poétique».«Combien de fois faut-il lever les yeux avant d'apercevoir le ciel' Combien d'oreilles faut-il à un seul homme, avant qu'il entende les autres pleurer' Combien de morts avant qu'ils comprennent que le nombre est déjà trop grand' La réponse, mon ami, est soufflée par le vent.»«Ah, sans le savoir j'avais pris dans mon étreinte un arbre magnifique dont le coeur était fêlé, et sans le remarquer j'étais déjà tombé dans le péché de la fausse sécurité de l'amour.» L'homme de la grande tradition de la chanson contestataire américaine ne laisse personne indifférent et crée l'événement pas musical cette fois, mais littéraire. Et ce n'est pas la première fois car en 2008, il obtient le prix Pulitzer, connu pour récompenser des travaux de journalistes. Selon le jury, Bob Dylan se distingue «pour son profond impact sur la musique populaire et la culture américaines, à travers des compositions lyriques au pouvoir poétique extraordinaire». Notons que nous avons appris que l'auteur, compositeur et interprète avait publié en 1971, un recueil de poésies. C'est alors peut-être par méconnaissance du parcours de Bob Dylan que certaines voix se sont élevées pour montrer leur mécontentement.Après avoir refusé de se rendre en Suède, le prix Nobel de littérature 2016 a enfin décidé d'aller recevoir son diplôme, sa médaille et les 840 000 dollars de récompense le 2 avril à Stockholm, non sans avoir au préalable posé ses conditions, visiblement acceptées, à savoir une petite réception sans caméra, sans discours, mais peut-être avec une chanson. C'est unique dans les annales depuis la création du Nobel en 1901. Dylan succède, non sans fracas à la Biélorusse Svetlana Alexievitch. Comme quoi dans la vie, il y a de belles exceptions et que parfois donc, il ne faut pas hésiter à secouer le cocotier. Effectivement, la chanson regorge de très beaux textes poétiques qui sont étudiés et analysés, livrés aux critiques et aux débats. Le séminaire récemment organisé à l'université de Tizi Ouzou sur l'oeuvre poétique de Aït Menguellet est on ne le dira jamais assez, une première qui ouvre des perspectives de recherches approfondies. L'icône de la chanson algérienne d'expression kabyle récompensée est un bel exemple à suivre pour les générations de poètes et de chanteurs.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim TAZAROUT
Source : www.lexpressiondz.com