Tizi-Ouzou - A la une

La cerise n'est plus sur le gâteau



La wilaya de Tizi Ouzou, à elle seule couvre 60% de la production nationale en cerise. Mais, suite aux incendies ravageurs de l'année dernière, ce chiffre se conjugue au passé.D'ailleurs, même avant ce sinistre, les plus avertis préféraient le conditionnel à l'affirmatif tellement les statistiques ne reflètent souvent pas la réalité du terrain. Pour connaître la réelle situation de la production de la cerise dans la wilaya de Tizi Ouzou, il faut aller sur le terrain, dans les marchés, les magasins.
Un produit excessivement cher, rare et d'une qualité qui laisse à désirer. Pis encore. L'essentiel de cette maigre production, de ces dernières années, est vendu dans des conditions déplorables sur le bord des routes. Et encore, si le produit est issu des vergers de la wilaya. D'ailleurs, pour mettre en évidence cette réalité, il suffit de se rapporter aux dernières statistiques élaborées par les services concernés, il y a quelques années, où ces derniers reconnaissaient que seuls 4% de cette production se retrouvent dans les circuits commerciaux légaux.
En fait, les chiffres d'avant les incendies affichent le tableau qui suit. Larbaâ Nath Irathen qui dispose d'une cerisaie de 216 ha dont 130 ha et 19538 arbres en production, est la région qui détient le plus de cerisaies. Elle est directement suivie par la daïra d'Iferhounene avec 146 ha dont 144 ha et 25510 cerisiers productifs, et Aïn El Hammam, 132,67 ha dont 118,25 ha et 20170 arbres en production. D'autres régions comme Ouaguenoun ont vu leur cerisaie disparaître, il y a longtemps. Ces chiffres ne sont pas actualisés après le sinistre, mais il est évident qu'il n'en reste plus grand-chose.
La dernière récolte précédant les incendies était estimée par les services agricoles à 15597 quintaux avec un rendement moyen de 24qx/ha.
Des données qui ne disent plus rien de la situation. Aussi, pour voir plus clair, il faut sortir de la bulle des chiffres pour aller à la recherche des points de vente de la cerise.
Ces jours-ci, ce sont les premières apparitions de ce fruit. Les gens ne font pas trop attention tellement ils sont habitués aux prix inaccessibles. «Je ne regarde même pas. Je n'achète jamais. 1400 dinars, ce n'est pas son prix. Même s'il y a un seul kilo dans toute l'Algérie, il ne coûtera pas autant» tranche un citoyen abordé sur ce sujet dans un marché. «Dans quelques jours, il sera étalé sur les routes. Dans la poussière et sous le soleil torride. Bien sûr toujours à 1400 dinars» déplore un autre.
Enfin, notons que certains vendeurs interrogés étaient affirmatifs sur l'origine du produit. «Je n'ai jamais acheté la cerise à Larbaâ, il n'y en a même pas pour la consommation individuelle. Mon produit, je le ramène de Bouira»,renseigne un vendeur qui ne veut pas s'étaler davantage sur son circuit croyant vraisemblablement qu'il tient la bonne affaire.
En tout état de cause, la réalité du terrain indique clairement que la cerise est un fruit abandonné à son sort. «Je cultive encore quelques arbres, mais je les ai juste pour la consommation familiale et pour les amis.
La cerise ne me fait plus vivre et moi je dois gagner ma vie ailleurs», regrette un ancien cultivateur de Larbaâ Nath Irathen. Bien avant les incendies, la cerisaie locale a été décimée par la capnode. Puis, le dernier coup de grâce a été donné par les espèces étrangères de cerisiers implantés à la place des races endémiques. Moins résistantes aux conditions climatiques, ces dernières n'ont pas donné de bons résultats contraignant les agriculteurs à changer de métier.
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