Tizi-Ouzou - A la une

L'urgence de la protection du barrage Taksebt soulignée



Les nombreux spécialistes qui ont pris part, hier, au sixième séminaire national sur l'eau qui a été organisé par le laboratoire des eaux de l'université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou étaient unanimes à souligner l'urgence de la protection de la cuvette du barrage Taksebt qui a été promise depuis de nombreuses années mais qui tarde toujours à se concrétiser. Selon la représentante de l'office national de l'assainissement, Sonia Abbou, qui a présenté une étude d'impact des eaux usées qui se déversent sur la cuvette du barrage Taksebt a, d'emblée, estimé que la situation n'est pas dramatique pour la qualité de l'eau de ce barrage mais si les eaux usées et autres rejets qui y sont déversés venaient à persister, la situation risquerait d'être intenable à la longue.Selon l'oratrice, les rejets domestiques de pas moins de 144 villages que comptent les huit communes entourant le barrage se déversent quotidiennement dans la cuvette du barrage. Le danger, dit-elle, vient surtout des rejets des huileries qui ont une forte charge de polluants d'une couleur brune et violette. "Ces rejets domestiques et organiques nécessitent fort heureusement juste un traitement biologique classique" a-t-elle indiqué non sans estimer que la réalisation des six stations d'épuration prévues sont une urgente nécessité si l'on veut protéger la cuvette du barrage à long terme, surtout dans le cas où des industries, aussi petite soit-elles, viendraient à être créées en amont ou aux alentours du barrage.
À ce sujet, Rachid Hameg, ancien directeur de l'hydraulique de la wilaya de Tizi Ouzou et actuel directeur central au ministère des Ressources en eau, a expliqué qu'une étude portant sur la protection du barrage Taksebt a été réalisé depuis plusieurs années par un bureau d'études national qui prévoit la réalisation de six stations d'épuration tout autour de la cuvette du barrage et une enveloppe financière de 5,5 milliards de dinars mais après des lenteurs enregistrées dans les procédures, le projet a fini par être gelé dans le cadre de la politique d'austérité imposée par le gouvernement dès 2015. "Le projet a été dégelé en 2018 avec la condition de ne pouvoir recourir qu'à des appels d'offre nationaux, ce qui a généré infructuosité derrière infructuosité.
Actuellement, les appels d'offres sont en cours de jugement et le projet sera lancé dans les quelques mois à venir", a-t-il précisé tout en indiquant que fort heureusement ce barrage est situé au milieu d'un massif boisé qui constitue une sorte de filtre naturel qui le protège. En attendant donc la concrétisation du projet, la qualité des eaux de ce barrage continue à dépendre de la seule nature et de la station de traitement de Tala Bounane.

Samir LESLOUS
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