Tizi-Ouzou - A la une

L'inconnue des heures perdues



L'inconnue des heures perdues
Rattrapables ou pas rattrapables ' C'est la question que de très nombreux élèves, leurs parents et des observateurs se posent à propos de la possibilité ou non de récupérer les heures perdues à cause des mouvements de grève observés par les différents syndicats de l'éducation nationale. Pour le ministre de l'Education, Abdellatif Baba Ahmed, la cause est déjà entendue : «Il est impossible de rattraper plus de trois semaines de grève», a-t-il, en effet, décrété en début de semaine en évoquant la probabilité d'un report des examens de fin d'année, pour permettre aux élèves d'achever leurs programmes scolaires et de passer les épreuves dans les meilleures conditions qui soient. Pas du tout, rétorquent les partenaires sociaux, la situation n'est pas si désespérée et les heures perdues seront récupérées pour autant que le MEN apporte rapidement les réponses favorables à leurs doléances. Autrement dit, les enseignants s'engagent à rattraper les cours si, de son côté, le ministère de tutelle accède à leurs revendications. Leurs arguments ' «Mathématiquement, si la grève est gelée à la fin de cette 4e semaine, nous devrons rattraper15 jours et non pas le mois entier comme le soutient le ministère, explique Mohamed Aous, coordinateur régional du Snapest/Ouest. Je rappelle que nous avons commencé avec deux jours de grève à la 1re semaine, trois à la 2e semaine..., et que nous avons assuré les cours pendant le reste du temps. Donc, techniquement, nous pourrons combler le déficit dès que nous aurons mis fin à la grève.» Pour rassurer davantage sur la faisabilité de l'opération, le responsable syndical rappelle qu'en 2003, «les écoles avaient été paralysées pendant trois mois. Cela n'a pas empêché les enseignants de rattraper les cours et les élèves de passer leurs examens !»Parents d'élèves excédésLe même ton rassurant marque les propos des responsables de l'Unpef et du Cnapest-élargi, qui affirment que rien n'est encore perdu, l'annonce du ministre participant plutôt d'une manipulation visant à dresser les parents d'élèves contre les enseignants grévistes : «Nous disposons de mécanismes pour récupérer les cours les plus importants», a certifié Sadek Dziri, responsable de l'Unpef, en réaction aux déclarations de M. Baba Ahmed, en soulignant que le plus urgent est de trouver des solutions au conflit qui oppose les syndicats à la tutelle. Et, convaincus du bien-fondé des revendications ou pas, manipulés ou non, des parents d'élèves de Tizi Ouzou ont, en effet, déclaré leur désapprobation quant à la poursuite du débrayage et appelé les grévistes à «reprendre les sallesde classes (...) tout en laissant vos représentants suivre le dossier avecla tutelle». Exprimant par voie de communiqué l'indignation de très nombreux parents, la fédération de la capitale de la Kabylie a dénoncé la prise en otage d'élèves «devenus une monnaie d'échange entre, d'un côté, des éducateurs que rien ne semble satisfaire et, d'un autre, une tutelle qui promet en vain de travailler sur ce dossier».Le spectre du Bac 2013Par-delà ses répercussions immédiates sur le déroulement de l'année scolaire et l'état mental des élèves et de leurs parents, par-delà la possibilité ou non de récupérer tout ou partie du programme, le différend qui oppose ainsi lesenseignants grévistes à leur tutelle pourrait conduire à des manifestations de violences comme celles qui ont marqué le baccalauréat de l'année passée. Rappelons-nous, des milliers de candidats avaient eu recours à la triche -certains en usant d'intimidations physiques par armes blanches sur lessurveillants- après avoir découvert, dans l'épreuve de philosophie, un sujet censé avoir été supprimé dans le cadre du seuil défini par le ministère. Une fraude inédite qui avait révélé l'ampleur de la faillite de l'éducation nationale. Les mêmes causes générant les mêmes effets, il est à craindre que «les otages du conflit», aujourd'hui silencieux et calmes, ne laissent éclater leur colère le jour J.S. O. A.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)