Hier, à J-1 des élections législatives, peu d'indices inhérents à cet événement étaient perceptibles dans la ville de Tizi Ouzou.
L'ambiance qui régnait à la veille d'une telle échéance n'était pas de mise en ce mercredi printanier. Les gens ont choisi de s'adonner à coeur joie pour vaquer à leurs occupations ou de s'offrir des randonnées. Comme sujet de discussions, les élections d'aujourd'hui ne sont commentées que pour dire combien la population locale, dans sa majorité, n'est pas intéressée. C'est dire que les candidats, après trois semaines de campagne, n'ont pas réussi à convaincre. Aujourd'hui, tout porte à croire qu'il n'y aura pas une grande affluence aux bureaux de vote. Sur les dix personnes interrogées hier, neuf ont répondu qu'elles ne se rendraient pas aux urnes. «J'ai voté une seule fois et ça n'a pas changé grand-chose ou plutôt ça n'a rien changé», nous confie une dame de quarante ans qui gère une activité libérale dans un village, à dix kilomètres du chef-lieu de wilaya. Un enseignant à l'université a donné la même réponse en commentant que l'élection législative en Algérie, compte tenu des avantages pécuniaires qu'elle offre, a perdu sa vocation initiale. Hier, dans les rues de la ville de Tizi Ouzou, rares étaient les personnes qui s'arrêtaient pour consulter les listes des candidats, ne serait-ce que par curiosité. Pourtant, aucun mur de la cité des Genêts n'a été épargné par les affiches électorales. L'ambiance est tout autre dans les permanences électorales et dans les sièges des partis. Les candidats ne sont pas las malgré d'éprouvants périples ayant duré trois semaines dans la majorité des 67 communes de la wilaya. Certains partis ont même enfreint la loi en continuant à observer des actions entrant dans le cadre de la campagne électorale. Avant-hier, en fin de journée, nous avons aperçu des personnes en train de placarder des affiches électorales à la Nouvelle-Ville de Tizi Ouzou. Il faut dire que beaucoup d'affiches ont été déchirées. Il fallait donc les remplacer à la dernière minute, car il restera toujours des personnes à convaincre, pensent les candidats.
Au niveau de l'administration locale, notamment de la wilaya, il faut dire que la morosité de la campagne électorale n'a pas du tout influé sur la rigueur dans l'organisation du vote. Tout a été bien peaufiné presqu'à la perfection au niveau du siège de la wilaya pour qu'il n'y ait pas de fausses notes le jour J. La cellule de communication de la wilaya a contacté l'ensemble des journalistes plus de dix jours avant pour la remise des photos d'identité afin de préparer les accréditations qui permettront aux hommes de la presse d'assurer leur mission dans les meilleures conditions possibles.
Idem au niveau des différentes mairies et sièges des daïras où les préparatifs se sont déroulés dans les normes.
Des journalistes étrangers sont présents également à Tizi Ouzou, dont un envoyé spécial du quotidien français Le Figaro qui a recueilli, entre autres, les impressions des journalistes locaux concernant les conditions de déroulement de la campagne électorale et les pronostics au sujet du taux de participation. Des pronostics difficiles compte tenu du fait qu'il s'agit d'un scénario inédit à Tizi Ouzou. C'est la première fois depuis l'ouverture plurielle de 1988 que le match ne se jouera pas entre les deux «clubs» locaux, le FFS et le RCD. La fin de cette bipolarité augure une nouvelle ère pour la région de Tizi Ouzou où les gens s'intéressent de moins en moins à la politique et de plus en plus à la paix.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aomar MOHELLEBI
Source : www.lexpressiondz.com