Tizi-Ouzou - A la une

L'impact socioéconomique des festivals



L'impact socioéconomique des festivals
La culture, en tant que facteur de développement économique, à travers l'organisation d'événements culturels, festivals et semaines culturelles notamment, a contribué à l'amélioration des conditions socio-économiques des populations de par la création d'emplois directs et indirects, qu'elle génère, en sus de la stimulation de l'activité commerciale et le développement touristique, a indiqué, avant-hier jeudi, à Tizi Ouzou, Brahim Noual, enseignant à l'Institut supérieur des arts du spectacle et de l'audio-visuel d'Alger.Il s'exprimait lors d'un colloque organisé en marge de la 8e édition du Festival culturel arabo-africain de danse folklorique, qui se tient depuis mercredi dernier, à Tizi Ouzou, sous le thème «L'impact économique des Festivals culturels». S'appuyant sur une réflexion empirique engagée autour de la fonction socio-économique desdits événements culturels, en prélude à une étude basée sur une approche scientifique, M. Noual a estimé que «les festivals sont devenus des espaces et des institutions qui ont contribué à l'amélioration de l'impact socio-économique et d'asseoir un mouvement et une dynamique dans une optique économique et socialement responsable» en mobilisant les énergies au service de la commune, de la wilaya et même du territoire national. «Non seulement ils (événements culturels, ndlr) contribuent au rayonnement culturel mais ils jouent aussi un rôle important dans la réalisation des objectifs d'une croissance économique durable, à travers les emplois directs et indirects (prestations de services) générés et la stimulation de l'activité commerciale et de développement touristique», a-t-il dit. Chaque dinar algérien investi dans un événement culturel rapporte trois fois plus à l'économie locale, fait observer le conférencier, citant en exemple, le Festival d'Avignon (France), qui, après plus d'un demi-siècle d'existence, génère à la collectivité, plus de 20 millions d'euros. Les festivals, a encore estimé M. Noual, ont permis le développement et l'encouragement de la pratique théâtrale en amateur et l'intégration aux pratiques professionnelles, l'accès à la production artistique, l'animation de la cité et du territoire de la wilaya, la cohésion sociale et l'intégration des populations, les jeunes notamment, la rencontre, le dialogue et la recherche de la convivialité et de la paix. A travers l'institutionnalisation et l'organisation de manifestations culturelles, le département de Khalida Toumi, ministre de la Culture, a lancé les bases d'une approche ancrée et basée sur des valeurs culturelles, ancestrales de la nation et des entités et substance universelles basées sur la promotion du dialogue, de paix et de stabilité, a précisé le conférencier. «Ces espaces festifs (festivals, semaines culturelles, etc,.., ndlr) sont devenus des lieux de convivialité, où le public est partie prenante des événements et programmes artistique, culturel et pédagogique, loin des espaces intimidants et gênants des dialogues sociaux», a-t-il dit encore. Abordant la fonction sociale de ce type d'événements culturels, les festivals, principalement, l'intervenant a fait remarquer que ces festivals, sont devenus, une véritable pépinière et un espace privilégié de formation artistique mais aussi de management culturel pour les jeunes participant activement dans l'organigramme de ces rendez-vous culturels. «Les festivals ont concouru à l'amélioration, l'élévation et à l'éducation artistique des populations locales en apportant et en proposant des spectacles culturels autres que ceux produits localement à l'exemple de l'Opéra de Pékin (Chine) présenté à Mostaganem ou No du Japon à Béjaïa», a encore poursuivi M. Noual. Pour sa part, Yahia N'Doye, le président du conseil exécutif de l'Institut culturel afro-arabe (Icaa) de Bamako (Sénégal), a, dans une communication intitulée : «Politiques culturelles et collectivités territoriales» estimé que «les Festivals sont un phénomène essentiellement urbain et contemporain qui ont connu ces dernières années un développement assez remarquable particulièrement en Europe». «Les villes ont produit des expressions cultures- propres dites cultures urbaines qui ne cherchent pas à s'opposer à une culture dite traditionnelle obéissant à des codes et signifiants particuliers, mais plutôt à formater de nouveaux supports d'une culture urbaine, de nouveaux rapports entre la ville et la création, entre la cité et les créateurs», a-t-il dit. En France et dans certaines parties du continent américain mais aussi en Afrique, a poursuivi M. N'Doye, des acteurs culturels et certaines collectivités territoriales, volontaristes ont aussi pris des initiatives allant dans le sens de développer une politique culturelle cherchant à mettre à contribution les dispositifs de financement existant. «Dans cet élan, il s'agit surtout de chercher à mettre en évidence des éléments symboliques liés à l'image d'une collectivité locale, de développement d'un tourisme local, de promotion d'une activité, d'un domaine artistique, d'un patrimoine culturel et immatériel, de remettre au goût du jour la vocation d'un site historique, archéologique en vue de sa restauration», a-t-il poursuivi. Précisant que «tous ces acteurs et organisateurs d'événements partagent une commune volonté de définir un projet artistique et une programmation conséquente dans les lieux choisis pour leurs charges historiques mais aussi la fonctionnalité des équipements ou espaces mis à la disposition par les exécutifs locaux, les Etats ou le secteur privé». «Le festival de danse de Tizi Ouzou, à l'instar des festivals de Jazz de Montréal ou de Saint Louis du Sénégal, d'Avignon, Cannes (France), Liverpool (Angleterre) inscrit, pour son patrimoine historique au patrimoine mondial de l'Unesco, et autres, Woodstock en Angleterre, cultive un esprit de fête prédominant sur toute autre considération avec le souci de trouver des équilibres budgétaires en terme de prévision et de réalisation», a-t-il conclu.
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