Face à l'urgence d'entamer la reconstruction et la réhabilitation des maisons touchées par les incendies à Tizi Ouzou et dont le nombre s'élève à plus de 748 habitations, le Conseil de l'ordre des architectes de la wilaya a annoncé, hier, que des commissions seront déployées sur le terrain pour élaborer un programme d'intervention et de suivi en concertation avec les parties concernées. En effet, et dans un communiqué rendu public, cet organisme a exprimé sa disponibilité bénévole, immédiate et effective à apporter aide et assistance aux villages sinistrés pour participer à l'effort de reconstruction et de réhabilitation des sites impactés.Contactée à ce propos, la présidente du Conseil de l'ordre des architectes de la wilaya de Tizi Ouzou, Mme Leïla Bouterfa a estimé qu'au stade actuel il est précoce de poser une évaluation précise de la situation. "L'impact du feu sur la structure des constructions est difficilement mesurable sur un simple constat visuel. Cela implique la nécessité de réaliser des diagnostics et des expertises poussés", a-t-elle affirmé. "Notre rôle et notre devoir nous imposent d'agir en vue de procéder à une évaluation objective, juste et complète de la situation dans toutes ses dimensions", a-t-elle expliqué.
Pour ce qui est du rôle de l'organisme qu'elle préside dans ce genre de situation, elle a affirmé que l'ordre des architectes est une force vive qui est encadrée par des textes légaux. "Ses éléments capitalisent une expérience et une connaissance approfondie de la problématique des sites sinistrés. L'ordre est également une force d'investigation et surtout de proposition. Tout cela réuni fait de l'ordre des architectes un partenaire qualifié, fiable pour aller vers les victimes de cette tragédie", a précisé Mme Bouterfa.
Evoquant la reconstruction du cadre bâti, notre interlocutrice a estimé que cela nécessite une réflexion multidimensionnelle qui va au-delà de l'habitation endommagée. "Il s'agit de relever le défi de restaurer un cadre de vie dans toute sa noblesse. La reconstruction des bâtisses touchées doit être entreprise en veillant scrupuleusement au respect des normes de sécurité, à l'échelle des habitations, mais aussi à l'échelle des villages", dira-t-elle, dans ce sillage. Sur un autre volet, la présidente du Conseil de l'ordre des architectes a estimé qu'il est urgent de revoir notre façon de bâtir.
"Le caractère boisé de nos régions et le relief nécessitent des réponses d'aménagement et d'équipement adaptées aux normes de prévention et de sécurité. Ces normes doivent être ajustées à nos régions, proposées et discutées avec toutes les parties, chacune dans sa spécialité", a-t-elle indiqué, ajoutant qu'il faut mener la concertation avec les professionnels ayant les qualifications nécessaires, revoir les mécanismes définis par la réglementation algérienne dans la production du cadre bâti.
"Il faut avoir la modestie d'apprendre de nos malheurs, ces drames que notre pays a connus, révèlent des failles dans les réponses apportées dans la construction et l'aménagement de nos villes et villages. Toutes ces vies fauchées et l'histoire interpellent tous les acteurs, nous avons l'obligation d'y répondre", a conclu Mme Bouterfa.
K. Tighilt
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com