Tizi-Ouzou - A la une

L'huile d'olive cédée à 900 DA le litre



En plus du fait que la récolte est partout devenue biennale durant ces deux dernières décennies, il y a une autre raison, à savoir que les oliveraies de cette commune ont été décimées, particulièrement depuis l'été 2017.La cueillette des olives dans les villages d'Aït Yahia Moussa, dans la région de Draâ El-Mizan (Tizi Ouzou), a été cette année des plus courtes pour les oléiculteurs locaux qui ont rangé leurs gaules plus tôt que les années précédentes. Il y a encore quelques années, la campagne de récolte s'étirait jusqu'au mois de mars.
C'est que la récolte n'a pas été bonne et même insignifiante dans cette localité mais aussi dans beaucoup d'autres régions de la wilaya. "Contrairement aux années précédentes, la production est presque nulle. Le rendement n'a pas dépassé les dix litres au quintal. La qualité de l'huile n'est pas bonne.
Elle a un goût quelque peu acide. C'est dû à la mouche de l'olive qui a touché nos oliveraies", a expliqué un oléiculteur de Tafoughalt, un important village de cette municipalité. Même les propriétaires des huileries, aussi bien modernes que traditionnelles, n'ont pas tous mis en marche leurs machines.
"On n'a pas ouvert notre huilerie parce que nous avons constaté que la récolte ne serait pas abondante. C'est pourquoi nous avons préféré fermer pour ne pas subir d'autres frais supplémentaires sans un retour d'investissement", a confié un jeune promoteur ayant installé une huilerie moderne il y a à peine une année dans ce deuxième village précité.
D'autres propriétaires ont préféré mettre à profit cette saison des vaches maigres pour renouveler certains de leurs équipements pour préparer la saison prochaine qu'ils souhaitent être plus prolifique.
Concernant les raisons de cette situation, un oléiculteur du village Ath Rahmoune nous a expliqué qu'"en plus du fait que la récolte est partout devenue biennale durant ces deux dernières décennies, il y a une autre raison locale, à savoir que les oliveraies de notre commune ont été littéralement décimées, particulièrement depuis l'été 2017".
"En 2017, l'ex-ministre de l'Intérieur s'était déplacé sur les lieux juste après la catastrophe et avait promis d'accompagner les oléiculteurs sinistrés. Mais au bout de compte, nous n'avons eu droit qu'à de jeunes plants. Quand est-ce qu'ils grandiront pour remplacer nos pertes '", s'est interrogé cet oléiculteur qui n'arrive, dit-il, pas encore à se relever des pertes causées par les feux de forêt.
Conséquence de cette situation, le litre d'huile d'olive est actuellement cédé à 900 DA pour l'huile de saison et à 800 DA pour celle de l'an dernier dans cette région. "Une fois les quelques hectolitres récoltés vendus, il ne restera que le stock de l'an dernier, ce qui pourra encore faire grimper les prix davantage", a estimé un vendeur détaillant d'huile d'olive.
Pour les professionnels de cette filière, il est temps non seulement de planter davantage de jeunes plants, mais aussi de revoir la manière de travailler l'oléiculture en s'occupant mieux de l'entretien des oliveraies.

O. Ghilès
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