L'auditorium du CHU Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou a renoué, jeudi, avec les activités scientifiques qui ont débuté avec l'organisation d'un colloque national ayant pour thème : "La pandémie de Covid-19 en néphrologie".À ce propos, le Dr Toufik Djerboua, responsable du laboratoire PCR de l'université Mouloud-Mammeri, a abordé le rôle de la plateforme du diagnostic Covid-19 de l'université dans la prise en charge de l'épidémie. D'emblée, il a estimé que la situation est pour le moment stable. "Depuis un moment, nous observons très peu de cas positifs nouveaux, mais il ne faut pas crier victoire trop tôt", a-t-il, toutefois, mis en garde, tout en estimant qu'il faut surveiller la pandémie, afin de dire si la maladie a réellement régressé ou, au contraire, s'il s'agit d'une fausse régression.
Dans le même sillage, le Dr Djerboua a expliqué qu'on ne peut pas prédire l'avenir. "La seule chose qu'on peut faire, et qui reste sage, est de surveiller. Les prédicateurs ont toujours tort. Il faut plutôt se doter des moyens nécessaires pour cette surveillance", a-t-il plaidé. Evoquant les différents variants de la Covid-19, le Dr Djerboua n'a pas écarté l'existence d'un "variant algérien". "Si on sait que les variants brésilien et sud-africain ne se sont jamais introduits en Algérie, certains n'ont pas été identifiés. Il est fort probable qu'il existe un variant algérien qu'on n'a pas pu identifier", a-t-il affirmé, expliquant que pour le savoir, il faut des moyens dont on ne dispose pas.
"Pour la détermination d'un variant, il y a nécessité d'avoir des techniques d'essais coûteuses qui ne sont pas à notre disposition. C'est pour cela qu'il est très important de se donner les moyens pour une lutte efficace contre le virus", a-t-il développé. En matière de lutte contre la Covid-19, le Dr Djerboua a relevé la nécessité absolue de banaliser le test PCR. "Il faut se donner les moyens de démocratiser les tests PCR et de démocratiser les tests de détection des variants. C'est comme cela que nous réussirons à faire une politique de prise en charge de l'épidémie qui soit vraiment efficace", a-t-il expliqué, tout en estimant que cela doit, évidemment, se faire en complémentarité avec les autres stratégies. "Il n'y a pas de formule magique pour vaincre la pandémie.
C'est la concentration de plusieurs efforts qui pourra la vaincre", a-t-il noté.Concernant les tests effectués au laboratoire de l'université, le Dr Djerboua a estimé qu'ils varient de jour en jour. "Globalement, nous passons de 10 tests/jour, en dehors d'un pic épidémique, à plus de 200 tests/jour, avec 90% positifs. Dans notre laboratoire qui draine toute la wilaya, depuis janvier 2021, nous avons réalisé quelque 15 000 tests dont 10 000 tests PCR pour des malades, avec 4 125 positifs étalés sur un seul pic épidémique", a-t-il expliqué.
Sur un autre volet lié à la Covid-19 chez l'enfant, le Dr Djerboua a tenu à apporter quelques précisions. "Jai été choqué de voir sur les réseaux sociaux des interventions qui disaient que l'épidémie faisait des ravages chez les enfants et que c'est le variant Delta. Cela peut créer une panique", a-t-il relevé, tout en expliquant que les cas de Covid-19 chez les enfants étaient vraiment rares. "On s'est intéressé à ce sujet et on a trouvé que les cas chez les enfants étaient vraiment rares car l'enfant semble naturellement résistant à l'infection", a-t-il déclaré.
K. Tighilt
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kouceila TIGHILT
Source : www.liberte-algerie.com