La faible pluviosité enregistrée durant l'hiver dernier et qui se poursuit durant le printemps en cours fait désormais craindre le pire.Même si l'Agence nationale des barrages et transferts (ANBT) a tenté de rassurer en affirmant fin avril dernier, selon l'APS, qu'"à la faveur des dernières précipitations le taux de remplissage des barrages en exploitation à travers le territoire national a atteint 62% et cette réserve d'eau assure une sécurité hydrique de deux années consécutives", la population de Tizi Ouzou, qui connaît assez bien la situation hydrique dans la région, ne cesse de faire montre de son inquiétude.
En effet, la population locale, qui a été déjà, par le passé, confrontée à de grosses pénuries d'eau, au moment même où le barrage Taksebt, principal réservoir de la wilaya, a atteint un taux de remplissage de 100%, semble savoir mieux que quiconque ce qui l'attend, cette année que le taux de remplissage de ce barrage qui alimente plus de 80% des foyers de la région est en deçà de 60%. En plus de ces faibles quantités emmagasinées, la population de Tizi Ouzou n'ignore pas que le réseau de distribution d'eau, étant toujours dans un état de défectuosité avancé, et ce, malgré les promesses faites par les pouvoir publics de procéder à sa réhabilitation, n'est pas pour arranger leur situation.
L'inquiétude est d'autant plus légitime que les premières coupures d'eau sont enregistrées durant même cette période de crise sanitaire où l'application des recommandations des spécialistes concernant le lavage fréquent exige inévitablement une disponibilité d'eau. Mais à voir toutes les complaintes des citoyens des quatre coins de la wilaya sur les réseaux sociaux, il est aisé de comprendre que le manque d'eau commence déjà à se faire sentir. C'est, à titre d'exemple, le cas à M'kira, dans le sud de la wilaya de Tizi Ouzou, où responsables et citoyens commencent déjà à se plaindre du manque de ce liquide précieux. "Nous ne recevons qu'environ 500 m3 pour deux jours même en hiver, à répartir sur vingt villages et le chef-lieu.
Quel que soit le programme établi, chaque village devra attendre au moins deux mois pour être alimenté à raison de deux heures par jour", explique le maire, M. Rabah Medjahed, qui interpelle encore une fois les responsables de l'hydraulique à l'effet de lancer les opérations inscrites à leur profit pour résoudre ce problème épineux. Le maire et ses adjoints craignent déjà que les habitants assiègent l'APC dès que la pandémie de coronavirus sera éradiquée. "Si les citoyens ne se sont pas manifestés depuis deux mois, c'est à cause de la crise sanitaire.
Parce qu'il faut bien préciser qu'ils ne croient plus aux promesses. Pourtant, celles-ci n'ont pas manqué. Déjà en juillet dernier, nous avions tenu une réunion en présence de tous les responsables concernés à laquelle avaient pris part les présidents des comités de village. Cependant, rien n'a été concrétisé depuis", se désole-t-il, non sans rappeler que plus de 70 milliards de centimes ont été dégagés pour enrayer définitivement cette situation catastrophique de pénurie d'eau potable, en vain.
À Bouzeguène, la population continue également d'attendre désespérément la mise en service du transfert du barrage Tichy-Haf, dont le délai de livraison était initialement prévu pour fin 2018. Pour eux, comme pour tout le reste de la population de la wilaya, l'été s'annonce déjà chaud !
O. Ghilès
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ghilès O
Source : www.liberte-algerie.com