Le village Tikdhibine a été sacré village le plus propre de la wilaya de Tizi Ouzou. Une consécration fêtée avec faste par les citoyens tant elle sort de l'anonymat ce village radieux et féerique. Sa place au panthéon est largement méritée. Toutefois, pour beaucoup de spécialistes, essentiellement des architectes et des paysagistes, le concours risque de perdre sa raison d'être dans les années à venir. La beauté et l'authenticité de ces villages ainsi que le reste des localités de la région se consument chaque jour à cause de l'invasion architecturale en raison de l' «importation» de plants de construction étrangers à la culture locale. Le plus inquiétant, au plus haut niveau, est l'inertie caractérisant les organisateurs du concours Rabah Aïssat du village le plus propre. Malgré les alertes lancées par de nombreuses parties, ces derniers n'ont jamais réagi. Preuve en est que même durant la cérémonie de remise du Prix de la 9ème édition, les intervenants n'ont soufflé aucun mot sur ce mal qui ronge les villages de Kabylie. La sourde oreille adoptée comme réponse aux alertes aura deux conséquences importantes dont la première est d'installer le concours dans une dimension folklorique au risque de perdre sa raisin d'être. En fait, le constat est vite fait à travers les villages. Partout des villas poussent comme des champignons. Ce qui est tout à fait normal à l'air de la modernité. Mais, ce qui ne l'est, cependant pas, est l'architecture adoptée. L'on constate des maisons construites sur des plans américains, anglais, voire hollandais. Ces derniers temps, on observe l'arrivée des plans chinois en plein centre des villages. Devant cette situation, beaucoup appellent les organisateurs du concours à participer du moins par la sensibilisation à la protection de l'authenticité architecturale du village kabyle. Des jeunes universitaires ont, d'ailleurs, via L'Expression, proposé d'inclure dans le barème de notation du concours, le volet de l'authenticité de l'architecture de la maison kabyle. Hélas, les organisateurs opposent la sourde oreille et continuent d'avancer vers la folklorisation du concours.Enfin, il est à noter que le volet de l'architecture reste encore au stade anarchique même au niveau des services concernés. Sous d'autres cieux, le citoyen n'a pas la latitude de construire comme il veut, mais selon un canevas architectural respectant l'authenticité du territoire géographique concerné. Une situation qui fait que les associations de la société civile et l'université dans ses départements d'architecture devront s'impliquer dans la préservation du patrimoine architectural de chaque région. Et, c'est justement, en s'inscrivant dans cette perspective que le concours conservera sa raison d'être.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel BOUDJADI
Source : www.lexpressiondz.com