
Des artistes qui l'ont connu évoqueront à cette occasion le côté artistique et militant du poète. Farid Ali, de son vrai nom Khelifi Ali, qui a vu le jour en 1919 à Bounouh, en Grande Kabylie. Il décède en 1981 des suites d'une longue maladie. Sa courte vie au cours de laquelle il connaît l'exil et toutes sortes de privations est plus que mouvementée. Son parcours artistique est semblable à celui de beaucoup d'artistes de son époque. Comme la majorité des chanteurs algériens de sa génération, il émigre en France à vingt ans pour faire vivre sa famille. A Paris, il parvient vaille que vaille à gagner sa vie. Mais après s'être essayé à plusieurs métiers, il finit par se consacrer à la musique. Mohand-Saïd Yala organise, en 1949, à Paris, deux récitals auxquels participent Farid Ali et Allaoua Zerrouki. En 1950, Farid Ali rentre au bercail et anime des fêtes de mariage dans plusieurs villages. Entre 1957 et 1958, la Radio française l'engage à jouer dans des sketches et des pièces radiophoniques qu'elle-même produit. Le chanteur s'initie ainsi à la comédie en prenant part à une émission de radio qui reçoit des chanteurs amateurs. Durant ces années, il fait connaissance avec beaucoup d'artistes algériens établis en France. En 1958, il intègre la troupe artistique du Front de libération national, qui anime, en Tunisie notamment, des galas pour faire connaître sur le plan international la cause algérienne. La jeune troupe qui a sillonné le monde a eu un accueil chaleureux là où elle s'est produite. Il enregistre, pendant cette période, « A yemma aâzizen ur ettru » (Mère, ne pleure pas) et « Afus deg fus », « Main dans la main », deux chansons patriotiques qui ne laissent personne indifférent. Cinquante ans après l'indépendance, l'on a toujours les mêmes frissons quand on réécoute ces tubes immortels. La chanson « A yemma aâzizen ur ettru » est un message que l'artiste, engagé dans la lutte, envoie à sa mère, la suppliant de ne pas pleurer et se lamenter. Il lui explique que le peuple algérien arrachera son indépendance, à laquelle il goûtera un jour. Ces deux chansons que l'artiste a interprétées dans plusieurs pays, à l'occasion de la tournée internationale de la troupe du Front de libération nationale, ont été diffusées notamment sur les ondes de la radio tunisienne. Farid Ali, pour rappel, est connu pour ses chansons engagées. Depuis ses premiers pas dans le monde artistique, le chanteur n'a pas cessé d'appeler les Algériens à prendre conscience de la nécessité de s'unir, mais aussi, et surtout, à se soulever pour libérer leur pays du joug colonial. L'engagement de Farid Ali pour l'indépendance s'aperçoit notamment dans sa chanson « Abrid ik-yehwan awi-th » « Prends le chemin que tu veux », composée alors que la guerre faisait rage.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com