Tizi-Ouzou - A la une

L'ascension remarquée d'Ilyas Abbadi Boxe



Médaillé d'or aux Jeux méditerranéens de Mersin en Turquie dans la catégorie des 69 kilos, le boxeur Ilyas Abbadi se présente aujourd'hui comme l'une des valeurs sûres de la boxe algérienne. Portrait.Pourtant, le jeune de 21 ans, avec les cheveux blonds et les yeux verts, ne paraît pas avoir la tête du boxeur terrible qu'il est. Le natif de la Chiffa, dès son très jeune âge, savait ce qu'il voulait. Attiré par le noble art, à 5 ans déjà, il «maltraitait» les coussins de sa maman en jouant au boxeur. La passion qu'il éprouvait pour cette discipline était sans limite. C'est elle qui le poussait à venir assister assidûment, dans la salle de boxe de la Chiffa, aux entraînements des boxeurs du début jusqu'à la fin de la séance. Au point d'attirer l'attention du coach de l'équipe, Brahim Makhlouf. «C'est comme ça que l'entraîneur de l'époque, qui est mon coach à ce jour, a remarqué ma présence. Il s'est rapproché de moi en me disant que si je voulais pratiquer la boxe, je devais être présent le lendemain à partir de 16h30. J'étais aux anges, moi qui étais un peu timide et n'osait pas faire le premier pas. Le lendemain, je suis venu avec mon père. Le coach m'avait autorisé à prendre part à l'entraînement après les formalités d'usage et la présentation d'un dossier. A l'époque, j'avais 6 ans.» Le dévouement qu'avait Ilyas pour la boxe a surpris, même son coach, qui avait demandé à son père s'il n'avait pas pratiqué la boxe auparavant. La réponse du père était très significatif : «Il a abîmé la plupart des coussins de la maison.» L'entraîneur a flairé chez son jeune poulain un talent insoupçonnable. «Il me semblait bien que Abbadi avait un don. Toutefois, les capacités qu'il avaient devaient être développées afin qu'il puisse devenir un bon athlète», précise son coach, Brahim Makhlouf.
ASCENSION
Fort de l'appui de toute sa famille, et pendant plus de deux ans, le jeune garçon se contente juste de s'entraîner. Mais dès qu'il a commencé à combattre, vers 10 ans, il devient vice-champion d'Algérie. Il est également vice-champion d'Algérie dans la catégorie cadette. «Mon premier titre, je l'ai obtenu, en 2003, à Tizi Ouzou, en battant en finale de la coupe d'Algérie le boxeur qui m'avait battu en finale du championnat à Béjaïa», se remémore le jeune pugiliste de l'IRB Chiffa. Il remporte en 2009 le premier titre arabe à Tunis avant de frapper aux portes de la sélection nationale en 2010. C'est ainsi qu'il prend part aux Championnats du monde juniors de 2010. «Abbadi a fait un très bon parcours dans cette compétition. Juste après, on l'avait convoqué en équipe nationale. Sa première sortie, c'était lors des Jeux mondiaux des sports de combat, dont la première édition s'est déroulée en Chine. Mais pour nous, on pensait déjà au long terme, en le préparant lui, Ben Baziz et Hammiche dans la perspective des Jeux olympiques de 2016», explique son ex-coach national, Azzedine Aggoune, et actuel manager de la franchise des Faucons du désert, dont Abbadi fait partie.
MéDAILLE D'OR
En 2011, il est sacré vice-champion d'Afrique avant d'arracher sa qualification pour les Jeux olympiques de Londres, concrétisant le rêve de disputer cette grande manifestation. Pourtant, cette compétition algérienne lui laisse un goût d'inachevé : «Franchement, on pouvait revenir avec au moins des médailles si l'arbitrage n'avait pas lésé Benchebla et Mohamed Amine Ouadahi.» Abbadi, lui, avait été éliminé par le vice-champion olympique, le Britannique Freddie Evans. Mais il fallait relever la tête et vite. Les boxeurs algériens ont réussi à prendre leur petite revanche lors des derniers Jeux méditerranéens, en s'offrant 5 médailles d'or à Mersin, en Turquie. Abbadi s'était, lui, imposé en finale devant l'Espagnol Youba Sissoko Ndiaye sur le score de 3-0. «J'avoue que le fait de disputer la compétition du WSB sous les couleurs des Faucons du désert m'a beaucoup aidé. Boxer des pugilistes de niveau mondial est toujours stimulant et vous aide à faire mieux.»
JO-2016
Les compétitions vont s'enchaîner pour le boxeur algérien qui participera dès la fin du mois de Ramadhan au Championnat d'Afrique. Mais le rêve ultime d'Ilyas Abbadi, avant d'entamer une carrière professionnelle, est de décrocher la médaille olympique en 2016. «Mon but reste la médaille d'or olympique. C'est un rêve qui me tient à c'ur, surtout que l'Algérie n'a plus remporté de médaille depuis le bronze de Mohamed Alloulou, en 2000.» Son coach Brahim Makhlouf ainsi que le boxeur Mohamed Benguesmia restent confiants. Ce dernier dira : «C'est un jeune qui me plaît bien, car c'est un gagneur. J'espère qu'il va continuer dans cette voie afin qu'il puisse nous ramener d'autres victoires.» Pour son ancien coach national, Azzedine Aggoune : «Abbadi me fait rappeler Abboud Kamel. Ils ont les mêmes gestes techniques. Pratiquement la même souplesse, les exécutions des coups sont très esthétiques. Mais j'estime qu'il doit travailler la vitesse de réaction et la vitesse d'exécution des coups. Les contre-attaques doivent être très rapides. Mais il est clair qu'il aura son mot à dire en 2016, j'en suis convaincu.»
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