Réaction - L'argument avancé par les membres de l'Assemblée populaire nationale (APN ) est rejeté en bloc par les habitués de la friperie.
Ils estiment que l'on ne peut pas ressusciter le secteur de l'industrie du textile en interdisant l'importation de vêtements usagés. «C'est faux ! Le textile algérien est mort depuis de longues années et ce n'est pas en nous privant d'habits qu'on le ressuscitera.
Cette décision n'a pour objectif que d'aggraver notre misère», crie Aâmi Mokrane, septuagénaire. «J'ai passé toute ma vie à travailler dans une usine de textile à Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou). Le problème de cette filière est plus profond et ne peut être résolu de cette manière.
Les pouvoirs publics doivent plutôt faire des efforts en matière d'investissement s'ils veulent vraiment relancer le secteur», ajoute notre interlocuteur. Pour d'autres, il s'agit simplement d'un acharnement contre les petites bourses, qui n'a rien à voir avec l'argument avancé. «Depuis quelques mois, on assiste à des attaques constantes contre les pauvres de ce pays. Les prix des différents produits ne cessent de flamber, alors que les salaires augmentent au compte-gouttes. Il ne reste que la friperie accessible et ces députés d'un autre âge s'acharnent à nous en priver», déplorent d'autres citoyens.
Pour eux, si rien n'a été fait pour les autres filières depuis de longues années, en dépit des programmes de relance annoncés, le sort du textile ne sera pas différent. «Ça fait des années que le gouvernement parle du développement du textile, en annonçant des échéances de réalisation et en faisant état de budgets à coups de milliards.
Et comme cela s'est avéré irréalisable, ils veulent faire quelque chose de concret, priver les pauvres de ce pays de vêtements ! C'est indigne», tonne une femme, la quarantaine environ. Rien ne semble convaincre cette catégorie de citoyens dont le pouvoir d'achat enregistre une érosion constante. D'autres estiment que même si le secteur du textile est réellement relancé, les prix des vêtements fabriqués localement seront hors de leur portée. «On le voit aujourd'hui : des vêtements produits en Algérie sont vendus pratiquement au même prix que les importés même si la qualité laisse à désirer. Nous préférons acheter des habits de la fripe à bas prix, car nous sommes, au moins, sûrs d'avoir la qualité», argumentent-ils.
Pour eux, la dernière mesure prise par le Parlement est insensée et ne peut mener à l'objectif évoqué. «Il y a toujours des arguments pour nous pénaliser davantage. Ces députés élus pour servir le peuple lui ont finalement tourné le dos, oubliant que c'est grâce aux gens qui s'habillent de la friperie qu'ils sont arrivés à ce qu'ils sont aujourd'hui.
C'est de la pure trahison !», crient nos interlocuteurs, appelant les pouvoirs publics à retirer cette loi qui risque, selon eux, de déclencher une révolte comme celle qu'ont connue, en janvier dernier, plusieurs régions du pays.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Info Soir
Source : www.infosoir.com