Le verdict d'un procès rendu le 14 novembre dernier par le tribunat criminel de la cour de Tizi Ouzou, où 9 personnes issues du même village ont été condamnées à 15 ans de réclusion criminelle, continue à susciter des réactions. Les accusés ont été reconnus coupables de l'assassinat du jeune Sofiane de Tirmitine, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest du chef-lieu de wilaya. Aussitôt le verdict tombé, le comité de village de Harouka de Tirmitine, les villages voisins, mais aussi celui de Betrouna relevant de Tizi Ouzou chef-lieu, se sont constitués en coordination. Leur objectif est celui de mener des actions pacifiques de soutien en faveur des prisonniers dans l'espoir de voir la justice revoir son verdict.
Un appel a été déjà introduit par l'avocat des présumés «assassins». «C'est dimanche prochain (demain, ndlr) qu'aura lieu la première action de la coordination des villages de l'arch de Tirmitine», nous a confirmé, hier, un membre de cette association qui a requis l'anonymat.
Le sit-in sera organisé demain à 10 heures devant la cour de Tizi Ouzou. «Nous viendrons dénoncer une décision injuste et apporter notre soutien aux personnes condamnées», ajoute notre interlocuteur. Ce dernier (frère de l'un des condamnés, Ndlr), a raconté dans le détail les dessous de l'affaire qui remonte au mois d'octobre de l'année 2010.
«Un repris de justice»
H.L. Sofiane, la trentaine, a été assassiné, rappelle-t-on, le 17 octobre 2010 par un groupe de personnes de son village natal. Pour les villageois de Harouka, il s'agit d'un repris de justice, récidiviste et d'un délinquant qui n'a jamais cessé de déranger, menacer et intimider depuis près de dix ans les citoyens.
Il est aussi connu pour être un drogué. «Le soir du crime, raconte le représentant de la coordination de l'arch de Tirmitine, la victime était armée d'une épée et a manqué de respect aux villageois par ses menaces, insultes et intimidations, ce qui les a conduit (plus d'une centaine d'hommes, précise notre interlocuteur) à intervenir pour tenter de le calmer et l'emmener à la gendarmerie. Mais, se souvient-il encore, «les choses sont tournées au pire. Il sera tué à coups de blessures».
Dans l'arrêt de renvoi, il s'agissait «d'un groupe d'individus munis d'armes blanches qui s'est introduit avec effraction dans le domicile familial de la victime, ont pris à partie sa mère, en la frappant d'un coup de pelle à la tête. La grand-mère a subi également le même sort. Les individus ont ensuite ligoté la victime pour l'emmener vers une destination inconnue, bien qu'ils aient informé la famille qu'ils allaient le livrer aux autorités».
Le lendemain, H. L. Sofiane a été retrouvé mort, abandonné dans un endroit isolé, dans le village Harouka. Sur les lieux, la police a retrouvé également des traces de sang et l'arme du crime. Poursuivis pour homicide volontaire avec préméditation et coups et blessures avec port d'armes blanches, les neuf mis en cause, reconnus coupables des charges retenues contre eux, ont été condamnés à 15 ans de prison ferme chacun.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A M
Source : www.letempsdz.com