Le retour des gendarmes interpelle les citoyensLa Kabylie semble à la croisée des chemins : accepter le retour des gendarmes sans autre forme de procès ou rester sans réelle sécurité. Les citoyens disent ne pas être contre mais que les gendarmes impliqués dans les événements du printemps noir soient jugés.La Kabylie connaît, depuis quelques jours, une certaine recrudescence des actes de violence, avec notamment les hold-up des bureaux de poste de Djemaa Saharidj et de Taka N’aït Yahia, près d’Aïn El Hammam. Les populations ne savent désormais plus à quel saint se vouer et sont prises entre le marteau et l’enclume. Approché, le président d’un comité de village, qui commence par préciser qu’il n’a rien à voir avec le mouvement des Aarchs, a tenu à s’exprimer sur cette question en disant : «Réclamer le retour de la gendarmerie c’est oublier les crimes commis par des éléments de ce corps de sécurité, éléments qui n’ont pas encore été jugés comme le réclament les citoyens. Laisser les choses en l’état c’est risquer de faire le lit du banditisme et du terrorisme; un banditisme qui commence à se faire sentir de façon assez dangereuse ces derniers temps.» Certes, les faux barrages et les actes de violence perpétrés sur les routes ont fortement baissé mais les enlèvements de personnes, libérées par la suite contre paiement de fortes rançons, ont connu une certaine expansion. D’ailleurs, à ce jour, aucun rapt n’a été résolu et surtout aucun kidnappeur n’a été arrêté et traduit devant la justice. Les gens se posent forcément des questions et se demandent si les forces de l’ordre sont assez étoffées en équipements et bien préparées pour lutter contre ce genre de crime. D’aucuns pensent qu’il suffit que les brigades de gendarmerie reviennent en Kabylie, ou dans les localités d’où elles ont été délocalisées, pour que les choses s’arrangent. Ce qui est encore à démontrer car, par exemple, les enlèvements se sont produits d’abord à Tigzirt, ou du moins à Iflissen, une localité proche de Tigzirt et ensuite à Freha, puis sur la route menant de Tizi Ouzou à Maatkas et enfin sur la route menant de Tigzirt à Tizi Ouzou. Donc, à chaque fois, les brigades de gendarmerie n’étaient pas si éloignées que cela. Certes, les défenseurs de l’idée contraire affirment que «le corps de gendarmerie n’est en rien responsable de cette non-intervention car les gendarmes ne sont pas sollicités par les citoyens.» Cependant, un fait est certain : dans les localités de l’intérieur de la wilaya, particulièrement dans les zones tampons avec les wilayas de Bouira et de Boumerdès notamment, la sécurité est relativement des plus difficiles, alors que dans les autres régions et communes n’ayant aucune structure des forces de l’ordre, il semble difficile de dire que les choses vont bien ou mal, cela étant relatif.
«La Kabylie attend des pouvoirs publics que sa sécurité soit prise en charge pour qu’enfin la région puisse respirer sans se tenir le ventre et attendre un lendemain incertain. Pour l’heure, la police affirme que d’ici 2009, toutes les daïras seront pourvues de sûretés urbaines. Mais d’ici 2009, cela fera tout de même trois années», dira Ahmed, un commerçant des Iboudrarene, près d’Aïn El Hammam. En attendant, beaucoup de gens affirment que «l’essentiel, aujourd’hui, est le retour de la sécurité et de la sérénité.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com