Après une cérémonie de recueillement très émouvante suivie d'un dépôt de gerbes de fleurs sur la tombe du regretté artiste Chérif Kheddam, vendredi passé, dans son village natal de Boumessaoud (commune d'Imsouhal, daïra d'Iferhounène en Haute Kabylie), un vibrant hommage fut encore rendu, samedi, au grand maestro de la chanson kabyle. Cet événement a été organisé par la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, et ce, à l'occasion du sixième anniversaire de sa mort survenue le 23 janvier 2012, à l'âge de 85 ans, dans un hôpital parisien.À cette occasion, un riche programme artistique a été concocté à la maison de la culture Mouloud-Mammeri, à savoir une belle exposition de photographies, de discographie et d'articles de presse retraçant le parcours de ce grand monument de la chanson kabyle qui a marqué également son parcours élogieux par sa qualité musicale et son riche répertoire agrémenté d'un style tout à fait particulier. Samedi, en cours d'après-midi, un gala artistique ayant regroupé toute une pléiade de voix montantes de la chanson algérienne, organisé à la grande salle de spectacles de la Maison de la culture, a attiré le grand public. Ce concert a été animé de fort belle manière par de jeunes talents bien connus déjà, à l'image de Sonia Amrani, Naoufel, Amel Zen et Arezki Ouali. "Nous avons tenu à rallier la ville de Tizi Ouzou pour rendre un hommage particulier à ce grand maître de la chanson kabyle, Chérif Kheddam, qui fut un artiste de renommée internationale et surtout un véritable ténor qui, dans le passé, avait lancé dans le bain plusieurs jeunes chanteurs qu'il a formés et surtout encouragés pour voler de leurs propres ailes", dira Arezki Ouali, un jeune talent qui symbolise parfaitement la nouvelle génération de la chanson kabyle.
Né le 1er janvier 1927 à Boumessaoud, Chérif Kheddam était l'aîné de 5 enfants. En 1936, son père décide de l'envoyer à l'école française avant de changer d'avis pour le confier au cheikh Oubelkacem de la zaouïa des Boudjelil, à Tazmalt, en Petite Kabylie. À l'âge de 12 ans, Chérif Kheddam débarque à Alger pour travailler comme journalier avant de quitter la capitale, en 1947, pour la France. Il s'établit à Saint-Denis, puis à Epinay. C'est entre 1947 et 1952 qu'il prend des cours de solfège tout en se consacrant pleinement à son métier de travailleur manuel dans une entreprise de peinture. Sa première chanson Yellis n tmurt (la fille de mon pays), enregistrée sur un disque 78 tours, grâce au concours d'un ami français, et sa diffusion sur la RTF (Radio et Télévision françaises) lui assurera un certain succès avant de se lancer dans la chanson. Et c'est en 1958 que l'enfant prodige de Boumessaoud composait allègrement certaines des plus belles chansons de son répertoire, à savoir Nadia, Djurdjura et Khir ajellav n'tmurtiw...
En 1963, Chérif Kheddam rentre au pays où il prend contact avec la Radio nationale Chaîne 2 et aura animé plusieurs émissions, dont la plus célèbre "Ighennayen u zekka" (les chanteurs de demain) à travers laquelle il a encouragé et propulsé de nombreux jeunes artistes qui ont réussi ensuite de brillantes carrières artistiques. C'est aussi grâce au regretté Chérif Kheddam que la célèbre chorale du lycée Fadhma-n'Soumeur fut créée dans les années 1970.
K. Tighilt
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tighilt Kouceila
Source : www.liberte-algerie.com