Photo : Riad
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati
La campagne électorale pour le double scrutin local du 29 novembre prochain a été officiellement lancée dimanche 4 novembre. Le discours des candidats et des leaders politiques qui ont investi les sites réservés à la campagne donne l'impression d'être fade, consacrant une campagne sans couleur. Les observateurs expliquent cette fadeur par le seul désintérêt de la population à l'égard de l'opération de vote, mais pour ce double scrutin local la réalité est toute autre. Le contenu du discours des candidats et des politiques est très limité concernant les promesses à faire aux citoyens, dont les revendications sont liées principalement à l'aspect social dans la gestion de la commune. Et la question sociale ne peut être abordée par les candidats sans la présentation de solutions concrètes, à même d'alléger un tant soit peu leur fardeau social. A ce titre, le développement local et la promotion de l'investissement est la seule idée pouvant être développée dans le sens où la solution aux problèmes sociaux des populations passe inexorablement par la réduction du chômage par le développement de l'activité économique.Or l'activité économique et le développement de l'investissement restent pour l'instant l'apanage exclusif de l'administration pourvue du pouvoir de vie ou de mort sur toutes les propositions d'investissements et autres questions de développement local. Les prérogatives des élus locaux se sont réduites comme peau de chagrin au fil des ans. Les candidats aux élections locales du 29 novembre prochain sont conscients des limites de leur action dans le domaine du développement local, devant l'omnipotence de l'administration locale, à commencer par le chef de daïra qui s'est vu propulser sur le devant de la scène avec de nouvelles prérogatives, jadis dévolues aux édiles. Conscients qu'ils n'ont pas intérêt à faire des promesses qu'ils ne pourront pas tenir, qu'ils n'auront pas les moyens de tenir, alors qu'en face il y a des citoyens qui sont lassés par les promesses non tenues, lassés même par les promesses à tenir. En somme, les citoyens électeurs n'ont plus aucune confiance dans les élus locaux qui n'ont pas pu réaliser le développement local et la création de la richesse et de l'emploi qu'ils attendent depuis les premières élections locales réellement pluralistes de 1997. La désillusion a été telle qu'ils ne veulent plus savoir qui a les prérogatives ou qui ne les a pas, mais qui fait les promesses qu'il ne tiendra pas et qui ne les fait pas. Et c'est à ce titre que la campagne électorale ne peut être que fade dans la mesure où les candidats et leurs sponsors politiques se sentent enchaînés par le fait que les prérogatives des élus sont réduites à néant. Les candidats peuvent à peine promettre la concertation avec la population pour que celle-ci ait un droit de regard sur la gestion de la municipalité et pour qu'elle puisse se rendre compte à la minute près des blocages éventuels qui
viendraient de la daïra ou de la wilaya.Un parti comme le FFS a inclus dans son programme la mise en place des conseils de consultation qui regroupent des comités de villages et de quartiers, des représentants d'associations et de corporations, encouragé par le succès de ce genre de structures que la commune de Ouaguenoun a connu durant la dernière mandature. Cela en dénonçant, avec d'autres partis politiques, l'absence des prérogatives dans les mairies et en promettant de lutter pour le renforcement de ces prérogatives susceptibles de donner le pouvoir à l'élu dans sa mission tendant à concrétiser l'idée de développement local et de promotion de l'investissement. «Aujourd'hui, à part l'intégrité et l'engagement politique, nous ne pouvons rien promettre à la population, au risque d'être désavoués dès qu'elle se rend compte que nous n'avons pas les moyens de tenir nos promesses. Le développement local par l'encouragement de l'investissement est encore entre les mains de l'administration qui risque de bloquer n'importe quel projet proposé par les élus», lance un candidat pour une APC du sud de la wilaya, qui dénonce, comme beaucoup d'autres, le fait que les instances élues soient mises sous la tutelle des instances exécutives.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.latribune-online.com