Tizi-Ouzou - A la une

Ils ont osé aller au charbon



Ils ont osé aller au charbon
Belaïd Abdelaziz, Ali Fawzi Rebaïne et Moussa TouatiTribun hors pair, opposant féroce, on oublie souvent de rappeler que Fawzi Rebaïne a été un vieux client des geôles du régime.Ils sont trois: Belaïd Abdelaziz, Ali Fawzi Rebaïne et Moussa Touati. Depuis que le Conseil constitutionnel a rendu son verdict annonçant la liste officielle des candidatures à la présidentielle, c'est l'orage médiatique. Les trois hommes politiques subissent les impitoyables projecteurs de l'actualité. On les appelle les lièvres, de boiteux chevaux de course, les éléments de décor, les postulants non sérieux. On dit d'eux qu'ils cautionnent une élection sans enjeux dont les résultats sont connus d'avance, ils prêtent main au régime vacillant.Bref, les quolibets fusent à satiété et eux s'en vont insouciants, insensibles aux piques. Malgré leur manque de moyens humains et matériels, ces «petits candidats» acceptent d'aller au charbon. Mais gare aux petits, ils leur arrivent de mordre aux mollets! Le premier d'entre eux, le plus jeune, vivace, dynamique, à la fois télé et photogénique, est Belaïd Abdelaziz. Il se jette dans l'arène de la présidentielle et le docteur veut, à sa manière, apporter une médication à une Algérie «malade».Durant ses meetings de campagne électorale, Belaïd Abdelaziz se distingue par ses propositions qui accrochent les électeurs, qui ne laissent jamais indifférent. A titre d'exemple, c'est lui qui a, à partir de Djelfa, proposé un Service national pour les jeunes filles universitaires. C'est à partir de Laghouat, une wilaya pétrolière par excellence, qu'il met en garde contre l'utilisation «irrationnelle» de l'argent du pétrole, «une richesse qui n'est pas éternelle», a-t-il rappelé, soulignant l'importance de trouver d'autres moyens de développer le pays sans recourir aux hydrocarbures, à l'instar de l'agriculture. A Tizi Ouzou, contrairement aux autres candidats, Belaïd ne sombre pas dans les clichés. Ce n'est pas de l'officialisation de tamazight qu'il parle. Tizi Ouzou a, selon lui, besoin d'un aéroport et d'un port.Ex-membre du comité central du FLN, il a créé en 2012 son propre parti politique, le Front El Moustakbal. A 51 ans, Abdelaziz Belaïd, mène son marathon électoral sous le slogan: «L'avenir, c'est maintenant.» La stratégie du candidat du parti El Moustakbal se résume en quelque sorte à cette phrase d'un éminent chancelier allemand qui disait, «le grand art c'est de durer». Belaïd Abdelaziz a trouvé le moyen de durer. Par sa campagne électorale, il vient de s'installer au coeur de la vie politique nationale et pour longtemps.Tribun hors pair, opposant féroce, on oublie souvent de rappeler que Fawzi Rebaïne, issu d'une famille révolutionnaire, a été un vieux client des geôles du régime. Il a fait ses classes à la prison de Berrouaghia à Médéa.Après avoir fondé la première Ligue des droits de l'homme en juin 1985, il est arrêté une seconde fois le 5 juillet de la même année pour atteinte à la sûreté de l'Etat et constitution d'association illégale. Il est alors condamné à 13 ans de prison à Lambèse (Batna), puis libéré le 26 avril 1987. C'est lui qui a fondé, en octobre 1988, le Comité national contre la torture avant de créer en 1991, le parti Ahd 54.Cest au nom de ce parti qu'il se présente pour la troisième fois à la présidentielle. Son credo est toujours le même: le départ du régime corrompu et corrupteurs. C'est le slogan: «Développement, excellence égalité» qu'il mène sa campagne électorale et s'engage pour un changement radical, passant par la révision de la Constitution.«Le problème majeur du pays réside dans le manque de confiance entre le pouvoir et le peuple», estime-t-il. Enfin, Moussa Touati qui n'est plus à présenter sur la scène politique puisqu'il a déjà fait ses classes dans la présidentielle. Le président du Front national algérien a été recalé par le Conseil constitutionnel en 2004, candidat malheureux en 2009, il prétend au palais d'El Mouradia pour la deuxième fois. Natif de Béni Slimane, à Médéa, en 1953, Moussa Touati a fait ses classes dans les corps constitués après des études secondaires à Benghazi, puis à Damas. Il s'engage, en 1972, pour cinq ans dans l'armée, il intègre la douane en 1977 avant de devenir fonctionnaire de police en 1980. C'est en 1999 qu'il crée le FNA (Front national algérien).Moussa Touati qui sait enflammer les foules prône la mise en place d'une charte nationale qui «consacrera la souveraineté du peuple» et permettra aux citoyens d'exprimer «librement leurs choix». Il vise également une «société plurielle garantissant aux citoyens le droit à la différence et à la liberté d'expression».En outre, le parti plaide pour un régime parlementaire et une économie sociale pour réduire les inégalités.


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