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«Il faut un front international pour criminaliser le colonialisme» MOHAMED SAID DU PLJ AU FORUM DE RADIO TIZI OUZOU



«Il faut un front international pour criminaliser le colonialisme»                                    MOHAMED SAID DU PLJ AU FORUM DE RADIO TIZI OUZOU
Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Tizi Ouzou
Malik Boumati

Le président du Parti de la liberté et la justice (PLJ), Mohamed Saïd, a plaidé, samedi dernier, lors du Forum de Radio Tizi Ouzou, pour la constitution d'un front international pour la criminalisation du colonialisme en tant que crime contre l'humanité. «L'idéal, c'est de constituer un front des pays du tiers-monde, notamment ceux qui ont été colonisés, pour criminaliser ensemble le colonialisme, en faire un crime contre l'humanité et demander des indemnités», dit l'invité de Radio Tizi Ouzou non sans rappeler que le colonialisme n'est pas l''uvre de la France uniquement, mais d'autres pays, à l'instar de la Grande-Bretagne, l'Espagne et le Portugal. Pour lui, le précédent libyen est très encourageant, puisque du temps de Kadhafi, l'Italie a officiellement présenté des excuses à la Libye et concédé des indemnités, en forme d'investissements de 25 milliards à raison de cinq milliards par an.Même s'il n'a pas commenté l'échec de la démarche qui tendait à criminaliser le colonialisme français en Algérie, par le biais d'un texte de loi qui devait être soumis à l'APN, l'ancien compagnon d'Ahmed Taleb El Ibrahimi au sein du parti interdit Wafa affirmera que «c'est notre droit de défendre notre mémoire, comme l'a fait la France, notamment à l'égard de l'Allemagne», rappelant la souffrance du peuple algérien de 1830 à 1962, période durant laquelle, et selon les historiens les plus objectifs, pas moins de huit millions de personnes sont mortes pour leur pays. Mohamed Saïd plaide également pour un autre front, mais national cette fois-ci, «pour faire face aux éventuelles menaces extérieures» dont on parle depuis le déclenchement de ce qu'on appelle les révoltes arabes en décembre 2010. L'Algérie attire les convoitises, étant l'un des quatre pays africains détenant 85 % des richesses naturelles sur le continent africain, précise le président du PLJ, citant la Libye, le Soudan et le Nigeria et les troubles qu'ils connaissent depuis quelque temps. Abordant la question des élections législatives du 10 mai prochain auxquelles son parti participera dans une trentaine de wilayas, Mohamed Saïd dira sa conviction qu'aucun parti n'aura la majorité à l'issue du scrutin, affirmant de ce fait que les alliances entre groupes parlementaires seront nécessaires. Il plaidera pour une démarche consensuelle pour arriver au régime que l'on veut. «Les partis devraient s'entendre sur un régime politique pour assurer à l'Algérie une stabilité institutionnelle pour cinquante ans au minimum», affirme encore le responsable du PLJ qui avouera ne pas se «faire trop d'illusions sur les résultats de son parti, étant une première expérience», non sans faire savoir que la campagne électorale de ces législatives sera une bonne préparation pour les élections locales de l'automne prochain.
M. B.

«Les partis qui monnayent leurs listes n'ont pas de raison d'exister»
Le président du Parti de la liberté et la justice, Mohamed Saïd, a évoqué, dans son intervention au forum de Radio Tizi Ouzou, le scandale de la vente et achat de places dans les listes de candidats dont se sont rendues coupables certaines formations politiques. «Les candidatures se monnayent, se vendent au vu et au su des pouvoirs publics», accuse l'orateur pour qui «ces partis s'adonnent à ces pratiques parce qu'ils n'ont pas de militants, et s'ils n'ont pas de militants, ils n'ont pas de raison d'exister». Sans prôner explicitement la dissolution de ces partis, Mohamed Saïd a appelé à la moralisation de la vie politique et publique en extirpant la scène politique des forces de l'argent. Et c'est dans ce sens, par ailleurs, qu'il prône l'ouverture du champ audiovisuel, mais seulement aux professionnels, et non aux puissances d'argent. «L'Etat doit, pour ce faire, céder des prêts à taux bonifiés aux journalistes professionnels pour créer des chaînes de télévision, ainsi que d'autres facilités, notamment fiscales», dit le patron du PLJ qui est aussi un ancien journaliste.
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