Le sérieux de ce jeune habitantdu village d'Icherdiwen, dans la wilaya de Tizi Ouzou, a fait de lui un artisan exemplaire.Le métier de bijoutier se transmet d'une génération à une autre et de père en fils en Kabylie.
Des régions sont connues par leur attachement viscéral à cette activité qui a souvent difficilement résisté aux multiples problèmes que rencontrent les artisans. Parmi ces derniers, Idir Khati dit Kamel, est l'un des jeunes bijoutiers qui essaye de s'investir davantage dans ce domaine en dépit des raisons qui ont contraint bon nombre d'artisans à mettre la clef sous le paillasson. Il aime, sans nul doute, ce qu'il fait. D'ailleurs, depuis 1989, alors qu'il n'avait qu'à peine 17 ans, ce bijoutier a commencé à confectionner ses premiers bijoux. Dès lors, il s'est découvert une grande passion pour cet art ancestral.
«Chez nous, dans la région de Beni Douala, ce métier se transmet entre membres de la famille. Qui ne se souvient d'Akhelkhal Hadj Ali Ihadadene et Avrouche de Tagount Oukerouche. Ces deux bijoux demeurent une référence incontestable dans notre localité», nous raconte ce jeune qui a appris les techniques de la bijouterie sans avoir été formé dans aucun centre ou institut des métiers de l'artisanat. Sa seule planche de salut est son dévouement pour ce métier. Kamel utilise, dit-il, notamment les techniques anciennes pour réaliser son travail.
Dans tous les cas, il doit ébaucher son 'uvre avant de passer à la phase fabrication. Pour ce faire, il se réfère, ajoute-t-il, à un dessin et croquis lui donnant une idée générale de la pièce et lui permettant de planifier les étapes à suivre en tenant compte des contraintes financières et techniques. Le travail de cet artisan bijoutier consiste, selon lui, à proposer des bijoux de toutes les formes et de divers modèles qui témoignent de sa maîtrise de cet art.
Il fabrique, avec l'art et la manière, des bagues, colliers, bracelets, broches et des boucles d'oreilles. «Je n'ai pas un circuit fixe pour écouler mes produits. J'ai une clientèle fidélisée qui achète mes bijoux. D'autres viennent généralement, par l'intermédiaire des connaissances, pour acheter mon produit», souligne-t-il.
Le sérieux de ce jeune du village Icherdiwen a fait de lui un artisan exemplaire surtout en Kabylie où ses produits jouissent d'une certaine notoriété, notamment au niveau local. Ses participations à des manifestations culturelles comme les fêtes de l'artisanat ont fait davantage connaître l'artisan et son travail.
Outre la fête du bijou de Beni Yenni à laquelle il a souvent pris part, Kamel a sillonné plusieurs wilayas du pays. Il a été ainsi, entre autres, à Béjaïa, Annaba, Constantine, Skikda...dans le cadre des semaines culturelles de la wilaya de Tizi Ouzou.
Parmi les difficultés que rencontrent les artisans, ce jeune de Beni Douala estime que la cherté de la matière première reste l'une des principales entraves rentrées par les bijoutiers. «La rareté du corail, par exemple, a poussé plusieurs bijoutiers à baisser rideau. Jadis, dans les villages Ath Larbâa et Ath Lahcene, dans la commune de Beni Yenni, on retrouvait des centaines de bijoutiers, mais maintenant, nombreux sont ceux qui ont fermé boutique en raison de ces problèmes qui durent et perdurent», nous a-t-il expliqué.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Hafid Azzouzi
Source : www.elwatan.com