Hammoum Saïd est le président infatigable de l'Association des handicapés et leurs amis de la daïra de Bouzeguène dont il est un des membres fondateurs, en 2001.C'est le début d'un long processus que Aammi Saïd mènera pour la défense des droits de ces laissés-pour-compte. Un jour, grâce à un appel à projets initié avec l'Union européenne et Handicap International, il se rapproche de l'APC qui, par délibération, lui octroie une école fermée au village d'Aït Sidi Amar qu'il transformera en centre psychopédagogique, un établissement financé à 80% par l'Union européenne et le reste par l'APC et autres contributeurs. Doté d'un courage et d'un caractère remarquables, Saïd développera l'association au fil des années pour lui donner une envergure nationale.
Aammi Saïd naquit, en 1956, en pleine guerre d'Algérie. Il avait de grands yeux et voyait bien, lui ont raconté ses parents. Un jour, âgé à peine de 18 mois, il fit une chute, la tête en avant, et tomba sur les braises d'un feu de bois qui lui brûla le visage.
Il fallait le soigner en urgence, mais c'était la guerre et les moyens faisaient défaut. Très mal pris en charge, il perdra la vue. Il grandira ainsi, jusqu'en mai 1983, quand il décrochera un premier emploi dans une unité de brosses, près de Tizi Ouzou. «C'était bien, explique-t-il. J'allais et revenais chaque jour en bus. On nous payait à l'unité. C'était 1,10 DA/pièce. Je fabriquais en moyenne 70 balais par jour, ce qui me rapportait 770 DA. J'ai travaillé jusqu'en 2009, année où elle a été fermée définitivement.»
A présent, avec sa canne blanche, il rejoint chaque jour le bureau de l'Association des handicapés qu'il dirige de mains expertes et rompues aux difficultés. «Je me suis rendu compte que j'ai commencé à voir clair, après ma cécité», reconnaît-il. Aammi Saïd, marié et père de famille, dont une jeune fille médecin, est devenu le pivot de l'association.
Il s'exprime avec aisance dans tous les séminaires et rencontres sur le thème du handicap. C'est un homme étonnant, clairvoyant, courageux et optimiste. Il est autonome dans sa vie quotidienne. Il reconnaît la voix de chaque interlocuteur au premier mot. «Tu sais, explique-t-il, les souffrances engendrées par l'absence de vision demandent du courage et de la patience
pour les surmonter. J'en ai eu grâce à Dieu», conclut-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel K
Source : www.elwatan.com