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Graves révélations sur les suicides



Graves révélations sur les suicides
[Le suicide, les raisons vont du désespoir au manque affectif...]Le suicide, les raisons vont du désespoir au manque affectif...
Ils prescrivent des antidépresseurs à la hâte sans prendre le temps nécessaire pour établir un diagnostic le plus exact possible.
L'un des intervenants aux Journées scientifiques sur le suicide, ayant démarré hier au CHU de Tizi Ouzou, a révélé que certains suicides sont directement provoqués par des psychiatres. Il s'agit d'un véritable pavé dans la mare jeté devant des dizaines de psychiatres venus des quatre coins du pays pour prendre part à ce colloque dont les travaux se poursuivront aujourd'hui, dimanche. Comment des psychiatres peuvent-ils être responsables à part entière du passage à l'acte fatal'
Le psychiatre qui intervenait lors de la séance de la matinée a expliqué que des psychiatres sont responsables dans la mesure où ils prescrivent des médicaments qui précipitent le surgissement de l'idée de passer à l'acte en question. Certains psychiatres prescrivent donc des antidépresseurs et ce, à la hâte sans prendre le temps nécessaire et sans fournir l'effort qui convient, afin de déterminer avec exactitude le vrai diagnostic du patient qui consulte, explique le même intervenant. De ce fait, une fois que l'antidépresseur a fait son effet, au lieu de soulager le patient, il engendre bien au contraire d'autres «pressions» dont la conséquence est fâcheuse, à savoir le suicide. C'est la première fois qu'une telle information inhérente au suicide est communiquée en pleine journée scientifique à Tizi Ouzou où plusieurs rencontres du genre avaient déjà eu lieu. Il est vrai que la question de la compétence des psychiatres et aussi des psychologues est sujette à débat dans notre pays. Il y a aujourd'hui des psychiatres et des psychologues qui exercent dans différents hôpitaux et qui sont très jeunes. Ils ne bénéficient pas d'une grande expérience à même «de mettre entre leurs mains» des patients très vulnérables psychologiquement. Y aura-t-il des réactions suite à ce qui a été révélé hier' Ceci, d'autant plus qu'un autre participant a, de son côté, affirmé que souvent les patients ont recours à l'acte de suicide après une hospitalisation. Il va sans dire que l'on ne peut pas rejeter toute la responsabilité de l'acte de suicide sur le dos du psychiatre, ce qui serait simpliste voire une aberration mais une telle information ne saurait passer inaperçue. En tout état de cause, toutes les conférences qui ont été données hier à l'occasion de ce séminaire confirment une chose: le phénomène du suicide est extrêmement complexe, ses raisons sont souvent obscures et relèvent de plusieurs facteurs très difficiles à cerner et à discerner. Les raisons vont du désespoir au manque affectif, l'absence de communication, le chômage, les problèmes familiaux, les pressions d'une société intolérante mais aussi et surtout l'absence de structures dignes de ce nom qui doivent prendre en charge, sur le long terme, au moins les personnes qui ont déjà tenté de se donner la mort.
D'ailleurs, un autre intervenant a indiqué qu'un quart des personnes qui se sont suicidées sont des récidivistes. Est-il logique qu'un rescapé du suicide ne trouve pas une prise en charge adéquate à la hauteur du danger que sa situation présente' Au moment où l'Etat algérien met tous les moyens nécessaires pour assurer une meilleure santé aux Algériens, il appartient aux professionnels de trouver les méthodes qui conviennent pour parer à ce problème qui endeuille chaque deux mois une famille de la wilaya de Tizi Ouzou, entre autres. Le professeur Abbès Ziri, directeur du CHU de Tizi Ouzou et professeur en psychiatrie, a révélé que depuis le 1er janvier 2007, 331 personnes se sont suicidées dans cette wilaya alors que le nombre de tentatives de suicide sur la même durée s'élève à 889 cas.
A. M.


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