
Encore une distribution de logements qui tourne à l'émeuteLes protestataires sont des demandeurs de logements dont les dossiers ont été tout simplement rejetés.Deux mille noms de citoyens qui viennent de bénéficier de logements sociaux, ont été affichés, hier matin, dans la ville de Tizi Ouzou.A peine les noms en question ont -été rendus publics que la ville s'est «enflammée». A plus d'un endroit, des actions de protestation ont éclaté spontanément pour dénoncer ces choix qualifiés d'injustes.Les citoyens ayant pris part à ces actions de protestation sont des demandeurs de logements dont les dossiers ont été tout simplement rejetés.Pourtant, ces derniers attendaient depuis plus d'une décennie le toit tant convoité par des milliers de familles, issues de couches sociales modestes.Ainsi, un vent de colère a soufflé hier sur la ville de Tizi Ouzou suite à l'affichage des listes en question.Les citoyens, qui se dirigeaient vers le centre-ville de Tizi Ouzou hier, en milieu de matinée, ont eu la désagréable surprise de découvrir qu'une partie des routes était fermée à l'aide de divers objets hétéroclites dont des poteaux électriques. C'est à partir du carrefour situé en contrebas du siège de la wilaya qu'on a commencé à apercevoir des jeunes en colère ayant barricadé les routes menant aussi bien vers le siège de la wilaya que vers la Maison de la culture Mouloud Mammeri.Les automobilistes ont été contraints de faire demi-tour et de chercher des rues libres afin de continuer leur chemin.Une mission qui s'est avérée difficile car la fermeture des routes du centre-ville a engendré inéluctablement des bouchons monstres, notamment à partir du lieudit «la pompe Chabane» à l'entrée Est de la ville de Tizi Ouzou.En effet, dès l'intersection Oued Aïssi-Ouaguenoun, des centaines de voitures étaient bloquées et avançaient lentement. Il fallait plus d'une heure pour parvenir à regagner le quartier de Mdouha.Les actions de protestation, hier à Tizi Ouzou, n'étaient pas constituées uniquement par le barrage des routes par des membres des familles qui se sont senties lésées par le choix des bénéficiaires de logements sociaux, distribués cette semaine, mais également la fermeture aussi bien du siège de la wilaya que de celui de la daïra.Hier, en effet, dès les premières heures de la matinée, le siège de la wilaya de Tizi Ouzou était fermé, contrairement aux autres journées. Il en a été de même pour le siège de la daïra, situé à l'autre extrémité de la ville des Genêts.Le portail d'accès principal du siège de la daIra de Tizi Ouzou a été carrément fermé par des centaines de protestataires.Ces derniers ont par ailleurs observé un rassemblement de plusieurs heures, devant la même administration locale afin de dénoncer le fait que les 2000 logements en question ont été attribués de manière inéquitable, selon les témoignages recueillis sur place. «Il y a des célibataires et ils sont nombreux à figurer sur ladite liste alors que les dossiers des pères de familles qui ont six ou sept enfants à charge ont été tout simplement rejetés par la commission de distribution de ces logements que nous attendons depuis une éternité», déplore un quinquagénaire présent sur les lieux. D'autres protestataires ne cessaient de vociférer et de dénoncer ce genre de pratiques qu'ils disent croire révolues, mais qui semblent, selon eux, avoir toujours la peau dure.Notons qu'un dispositif de sécurité impressionnant a été mobilisé, hier, pour faire face à cette vague de grogne. Plusieurs éléments des services de sécurité se sont également interposés entre le siège de la daïra et les centaines de citoyens ayant observé le sit-in.Ces derniers ont refusé de tendre l'oreille pour écouter les explications du premier responsable de la daïra qui a tenté de tempérer les ardeurs.Les protestataires ont exigé rien moins qu'une commission d'enquête ministérielle au sujet de la liste de bénéficiaires des 2000 logements sociaux, rendue publique hier.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aomar MOHELLEBI
Source : www.lexpressiondz.com