Sur instruction de Ahmed Ouyahia, le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme, Nourredine Moussa, accompagné de directeurs centraux, s'est rendu, hier, à Azazga dans la wilaya de Tizi- Ouzou pour s'enquérir de la situation auprès des experts techniques, dont ceux du Centre national de recherche appliquée en génie parasismique, après le glissement de terrain qui s'est produit au nord de la ville sur une superficie de 330 ha avec un impact sur une partie du centre-ville.
Sur place, un historique sur le glissement de terrain lui a été dressé par M. Aoudj en sa qualité de chargé du PDAU de la ville d'Azazga. Une vue aérienne de la zone rouge datant de 1957 illustre l'ampleur de ce phénomène qui s'est déclaré une première fois en 1952 suite à l'arrachement de la montagne en amont avec une réplique en 1958, ce qui avait amené l'administration coloniale à ériger un drain pour rabattre les eaux, et qui a récidivé avec force en 1973 puis en 1984. Sur cette zone de 920 ha où sont érigées quelque 788 constructions et où des profondeurs d'éboulis de 40 m ont été constatés, la situation ne prête pas à l'optimisme avec ces manifestations sournoises des coulées boueuses, les fuites de gaz et les dommages causés aux réseaux d'AEP et d'assainissement, notamment du côté de la population, discours qui tranche avec celui des techniciens et des autorités. Le représentant de l'APW évoque, à cet effet, la dizaine d'interpellations de l'administration par l'institution régionale sur l'urgence d'une étude géotechnique des lieux et la proposition de déclarer la wilaya zone sinistrée pour bénéficier de l'aide de l'Etat, ce qui a eu pour effet, selon lui, de voir les citoyens ayant souscrit une assurance tous risques se heurter au refus d'indemnisation par les assureurs au motif que Tizi-Ouzou n'est pas déclarée zone sinistrée. En quête de solution, le ministre a fait des haltes au niveau des trois sites touchés par le phénomène, Ighil Bouzel, Ezzene où la RN71 est coupée à la circulation, et Ath- Vouhini, où une douzaine de maisons sont touchées dont cinq ont été évacuées. Après avoir longuement écouté les avis techniques des experts, Nourredine Moussa a déclaré que son département ministériel s'engagera à prendre les mesures nécessaires pour endiguer le phénomène qui «n'est pas propre à l'Algérie». Dans un premier temps, il s'agira de prendre des mesures urgentes, à savoir la réfection des dommages occasionnés par le phénomène aux habitations, aux routes et ouvrages publics ainsi qu'aux réseaux d'assainissement, d'AEP et de gaz naturel. Dans un second temps, l'Etat n'écarte pas, selon lui, le recours à l'expérience étrangère, aux côtés des compétences nationales pour circonscrire le phénomène. Le ministre avertit, toutefois, qu'il faudra à l'avenir respecter la nature dans les futurs plans de développement dont les projets doivent être précédés d'études géotechniques, aléas dont certains programmes ne tiennent pas compte sous prétexte de délais de réalisation.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S Hammoum
Source : www.lesoirdalgerie.com