La neuvième édition du Festival du tapis d'Aït Hichem interviendra cette année du 03 au 07 novembre prochains au niveau de la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou.Cette manifestation qu'organise le commissariat du festival culturel du tapis d'Aït Hichem, sous le patronage du ministre de la culture, avec la participation du ministère du tourisme et du wali de Tizi Ouzou, sera une rencontre animée de débats autour de l'industrie du tapis qui prévaut essentiellement au niveau du village Aït Hichem, alors que des hommages seront rendus aux femmes qui ont travaillé dans ce créneau et qui ont fait que le tapis d'Aït Hichem ait une notoriété nationale de marque. Le village Aït Hichem, sis à 3 kilomètres de Aïn El Hammam (ex-Michelet), est connu pour son tapis depuis des siècles, une industrie qui est maintenue depuis longtemps. C'est ainsi que cette manifestation culturelle qui vise la sauvegarde et la relance de ce produit du terroir nourrissait les familles des tisseuses de cette localité de haute montagne, sera une occasion pour les visiteurs de s'imprégner de cette activité qui retrace un pan entier de la vie des tisseuses et de comprendre les étapes de la réalisation du tapis coloré caractérisé par la symétrie des dessins et motifs qui le composent. Parlant de cette industrie les couleurs employées à l'origine étaient des couleurs naturelles, sélectionnées de laine de mouton et qui sont le beige foncé, le roux, le noir, le blanc écru. Actuellement d'autres couleurs sont introduites notamment, le vert bouteille, le blanc, le grenat et l'orange, constituent les principales caractéristiques du tapis des Aït Hichem. Les visiteurs de cette manifestation qu'abritera le siège de la maison de la culture de Tizi Ouzou, auront à apprécier un programme riche est varié soigneusement concocté par les organisateurs qui, comme pour toutes les éditions précédentes, veillent au grain. Tout au long des cinq jours des festivités, différentes festivités dont des spectacles, galas, conférences, activités sportives, défilé de mode, ainsi que l'exposition de tapis issus de cette industrie à Ait Hichem. Signalons par ailleurs, que la région d'Aït Hichem, localité de haute montagne, a une histoire particulière dans le métier à tisser. Alors que l'activité du tissage a été relancée, dans cette région montagneuse, en 1892, à l'école d'Aït Hichem, où plusieurs enseignantes s'y sont succédées, initiant plusieurs générations de femmes aux secrets et à l'art du tissage à travers les générations de femmes tisseuses qui se sont distinguées à chacune son époque par l'enseignement des secrets de ce métier aux nouvelles générations afin que cette culture arrive, aujourd'hui, à se faire valoir soit au niveau local ou encore à travers les autres régions du pays, sinon à l'étranger puisque cette industrie de tissage des Aït Hichem a dépassé les frontières du pays et possède déjà une bonne aura à l'étranger selon des témoignages de la part d'observateurs qui ne tarissent pas d'éloges à ses femmes tisseuses auxquelles le mérite revient dans le développement du métier à tisser en Kabylie particulièrement, même si dans beaucoup de régions, on peut remarquer que ce métier pratiqué dans le temps par nos grands mères a disparu complètement.
Un art, une histoire
D'une simple annulation pour telle ou telle autre raison, d'une mise en veilleuse jusqu'à sa délocalisation vers la ville de Tizi Ouzou avant qu'il ne retrouve de nouveau son «antre», ce Festival a été depuis toujours au centres de multiples péripéties. Cette manifestation à la fois culturelle et économique qui est née au village des Ath Hichem, dans la comme d'Aït Yahia, dans la région de Ain El Hammam, a toujours suscité un intérêt particulier tant le métier de tissage reste très ancré et a traversé les ans et les âges. En 2014, quand il a été délocalisé s'est produite une véritable levée de boucliers. Même si parmi les raisons invoquées pour justifier une telle décision, ils ont cité le souci de donner un nouveau souffle au métier de tissage en donnant une dimension nationale à cette fête, la décision n'a jamais fait l'unanimité et les tisseuses s'y sont opposées, elles qui sont l'âme de ce Festival. Tout comme les autres métiers artisanaux, le tissage traverse aussi des moments difficiles. C'est pourquoi aujourd'hui, le Festival du tapis se fixe toujours parmi ses objectifs, la sauvegarde et la relance de ce produit du terroir qui dans les années 1980 nourrissait les familles des tisseuses de cette localité de haute montagne. Tant de menaces pèsent sur cet art. En effet, le nombre des femmes tisseuses de tapis se réduit comme une peau de chagrin avec la disparition des doyennes du tissage. A Ath Hichem, ce nombre est passé d'une centaine de vieilles tapissières à quelques unes seulement réparties sur une dizaine d'ateliers tenus par de jeunes femmes au niveau de cette localité de haute montagne qui a une histoire particulière avec le métier à tisser. L'activité du tissage a, pour rappel, été relancée en 1892, à l'école d'Aït Hichem, où plusieurs enseignantes s'y sont succédées pour transmettre le flambeau, citant entre autres, Germaine Chantréaux, Nna Ouardia n'Ath Abdesslam, Nna Taous, Nna Ghnima 'qui ont initié plusieurs générations de femmes aux secrets et à l'art du tissage. C'est ainsi que les femmes, gardiennes de ce patrimoine, ont transmis de génération en génération, les différentes étapes de la réalisation du tapis d'Ath Hichem ; ce tapis coloré caractérisé par la symétrie des dessins et motifs qui le composent, commençant par le pré-tissage, comprenant le bobinage, l'ourdissage et le montage de la chaîne. Notons que le tapis d'Aït Hichem qui se présente dans ses quatre «l'Aabane, l'Aabane Narkeme, l'Aabane Bouwasrabeh et l'Aadal», présente une spécificité particulière de part ses couleurs et les figures géométriques qui le caractérisent. Il faut dire que «les représentations et figures géométriques consacrées sont la ligne brisée, le losange et le triangle. La ligne brisée orne souvent les pourtours de la surface du tapis, les jeux de triangles et de losanges parcourent l'intérieur du tapis. Les couleurs employées à l'origine étaient des couleurs naturelles, sélectionnées de laine de mouton et qui sont le beige foncé, le roux, le noir, le blanc écru. Actuellement d'autres couleurs sont introduites notamment, le vert bouteille, le blanc, le grenat et l'orange».
Khaled Haddag et Brahim B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com