Tizi-Ouzou - A la une

Faut-il croire à des lendemains meilleurs'



Faut-il croire à des lendemains meilleurs'
Les handicapés de la wilaya de Béjaïa ont, à l'instar des handicapés du monde entier, célébré hier leur journée. Et comme de coutume, cette journée a été l'occasion pour le mouvement associatif ainsi que les services de la direction de l'assistance sociale de la wilaya de Béjaïa de se rappeler de l'existence de cette frange de la société. La mobilisation était certes au rendez-vous, mais la situation des handicapés a-t-elle réellement évolué.
La réponse est à trouver chez les concernés et, ces derniers ne cachent guère leur pessimisme. «Chaque année on se rappelle de notre existence et puis c'est l'oubli», ironise Hakim, un handicapé moteur rencontré hier à la Maison de la culture de Béjaïa. Comme lui, ils étaient nombreux à faire part de leur indignation. «Les promesses, qui nous sont faites à chaque célébration, demeurent lettre morte», affirme H. M. qui prend tout son temps pour raconter le calvaire qu'elle endure chaque jour pour le moindre besoin. «Heureusement que ma famille est là autrement c'est loin d'être facile pour moi», dit-elle résignée.
Hier, les handicapés étaient nombreux à prendre part à la manifestation de conjoncture organisée par la DAS en collaboration avec des associations au niveau de la Maison de la culture Taos-Amrouche du chef-lieu de la wilaya de Bejaia. Au menu de cette journée, il y avait des travaux artistiques, notamment des peintures, des sculptures et des broderies, conçus par des handicapés. Ces travaux, qui illustrent bien le génie de cette frange de la société, étaient exposés pour le public.
Un public qui n'a pas manqué de faire part de sa satisfaction. Il y avait aussi des défilés de mode et des galas artistiques en fin de journée. Et comme à l'accoutumée, les organisateurs ont procédé aussi à la distribution de fauteuils roulants et de matériel orthopédique au profit des handicapés conviés à cette journée. Si la mobilisation était franchement au rendez-vous, il n'en demeure pas moins qu'elle reste occasionnelle. Ce qui n'est pas pour plaire aux concernés. Qu'à cela ne tienne! Ce fut tout de même un jour de bonheur pour cette catégorie de citoyens qui souffrent toute l'année en silence. Un jour qui permet aussi d'évoquer les insuffisances et elles sont nombreuses. En dépit de la force de la loi, le handicapé ne trouve pas toujours un emploi. «La loi algérienne oblige les employeurs à recruter entre 1 et 3% de handicapés dans leurs effectifs mais la réalité est tout autre.
Les chefs d'entreprise refusent systématiquement les postulants présentant un handicap», explique le président d'une association. La gratuité des transports n'est pas appliquée. Les transporteurs privés ne se soucient pas de la situation de cette catégorie de citoyens. Equipé d'un fauteuil roulant, Samir trouve toutes les difficultés du monde à accéder dans les locaux administratifs.
L'absence des accès spécialement aménagés rend la vie difficile à ces personnes vulnérables. «Je n'ai de salut qu'à la bonté des citoyens qui souvent nous aident à monter des marches à chacun de mes déplacements», soutient cette homme, rendu invalide des suites d'un accident de circulation.
Le problème de l'appareillage orthopédique n'est pas en reste puisque les handicapés de Bejaia sont contraints, faute de structure locale de se déplacer vers la wilaya voisine de Tizi Ouzou et cela prend parfois des mois pour la réception d'une chaussure, par exemple. Bref, la liste est longue; elle illustre toute l'urgence d'orienter l'intérêt de la collectivité vers cette catégorie de citoyens qui n'ont jamais voulu naître ainsi et encore moins le devenir. Mais l'espoir y était pour des lendemains meilleurs. Les handicapés ont apprécié la mobilisation citoyenne autour de leurs activités.
Les signes d'encouragement prodigués à l'occasion par les visiteurs des différents stands ont fait chaud au coeur. «Je suis suffisamment rassurée lorsque j'entends toutes les appréciations de la bouche de citoyens qui ne me ressemblent pas», commente cette jeune fille présentant des tableaux dignes de grands maîtres de l'art de la peinture. La joie n'était pas seulement concentrée à Béjaïa même si les marques de pessimisme subsistent. Dans presque toutes les communes de Béjaïa, les initiatives n'ont pas manqué pour célébrer cette journée dédiée aux handicapés pour lesquels s'est mobilisé le mouvement associatif de la wilaya, comme à l'accoutumée. A Akbou, c'est la même ambiance qui a singularisé cette journée.
L'événement a été célébré avec, en fond de toile, les travaux d'art des handicapés dans une exposition, qui n'avait de valeur que d'illustrer tout le génie et l'habilité d'artistes handicapés. Il est utile de rappeler à la fin que le nombre de handicapés dans la wilaya de Béjaïa est en hausse, comparé à celui présenté l'année dernière. Selon M.Fedala Mohand Ameziane, des services de la DAS de la wilaya de Béjaïa, le nombre de handicapés s'élève à 19.852, dont 10.945 handicapés mentaux, 6000 atteints de handicaps moteurs, 371 malentendants, 1235 malvoyants et les 1290 restants sont atteints de handicaps divers. Autant de personnes qui ont besoin d'une aide quotidienne.
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