De notre correspondant à Tizi-Ouzou
Malik Boumati
La wilaya de Tizi-Ouzou compte des dizaines de maisons de jeunes, centres culturels et autres auberges de jeunesse censés être mis à la disposition du mouvement associatif et des artistes de la wilaya pour leurs activités respectives. Au moins quarante structures, dépendant soit du secteur de la culture soit de celui de la jeunesse et des sports, édifiées à travers plusieurs communes de la wilaya mais leur fonctionnement ne répond toujours pas aux énormes besoins exprimés assez souvent par les centaines d'associations culturelles, scientifiques et sociales de la wilaya, mais aussi aux centaines d'artistes de toutes les disciplines artistiques, particulièrement les amateurs qui n'ont aucun autre endroit où activer, exprimer et perfectionner leurs talents. C'est que toutes ces structures ne sont pas gérées de façon à ce que le monde associatif et artistique en bénéficie de façon optimale. Certains directeurs de ces établissements agissent même comme propriétaires au détriment des éventuels bénéficiaires de l'activité culturelle et associative, accusent certains animateurs culturels contraints de se débrouiller comme ils peuvent pour maintenir leur activité en vie.L'exemple des associations de la localité d'At Yanni est édifiant. Au moment où l'auberge de jeunesse de la localité est quasiment déserte, les animateurs de certaines associations se sont vus obligés de louer des locaux chez des particuliers dans les villages pour empêcher leurs structures de mourir. Cette situation dure depuis quelques années déjà et malgré les démarches initiées par les animateurs associatifs de la région en direction de la tutelle, les responsables de l'auberge n'ont jamais été inquiétés, selon un secrétaire général d'une association locale qui affirme avoir entendu parler de la visite prochaine d'un responsable au niveau du ministère de la jeunesse et des sports pour s'enquérir de la situation de cette structure. Il y a d'autre part une gestion bureaucratique de ce genre de structures dans certaines localités de la wilaya où les directeurs agissent comme s'ils étaient à la tête d'administrations rigides alors qu'ils sont censés rester souples, « étant donné qu'ils dirigent des structures culturelles et artistiques devant être ouvertes à toutes les activités y compris dans l'urgence et l'improvisation», dit un autre animateur culturel du sud de la wilaya qui estime que les directeurs de ces établissements doivent être et agir comme les artistes, et avoir l'esprit d'initiative pour que le mouvement associatif soit capable de toutes les performances artistiques et de toutes les innovations ».Mais tout n'est pas noir dans la wilaya de Tizi-Ouzou, selon d'autres animateurs associatifs qui affirment que certaines structures, comme le centre culturel de Draa Ben Khedda où l'activité des associations culturelles et religieuses est régulière. «Nous activons de façon régulière et le centre culturel de notre ville est mis à notre disposition sans problème», dit de son côté un membre d'une association qui active dans l'alphabétisation, l'activité culturelle et religieuse. Il faut dire que le centre culturel de Draa Ben Khedda, onze kilomètres à l'ouest du chef-lieu de la wilaya, est sollicité par un mouvement associatif dense, constitué aussi des localités voisines de Sidi Naamane, Tirmitine et Tadmaït et les responsables de cette structure font ce qu'ils peuvent pour satisfaire le maximum de monde, dit encore notre interlocuteur qui affirme qu'il n'y a aucune volonté de blocage vis-à-vis des associations culturelles de cette région.Il y a d'un autre côté des structures culturelles et de jeunes qui manquent cruellement de moyens et qui se contentent de mettre à la disposition des jeunes et des associations des locaux dans un état de délabrement avancé. Cela est particulièrement vrai dans les petites localités éloignées du regard des responsables de la tutelle qui semble avoir abandonné ces structures au profit du confort de leurs bureaux bien astiqués d'Alger. Pour y activer, les bénévoles que sont les animateurs associatifs doivent se débrouiller pour avoir le moindre outil, pour la simple raison que ces structures ne disposent même pas du minimum vital au profit des activités qu'elles sont censées aider à développer et promouvoir», dit encore un autre animateur.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M B
Source : www.latribune-online.com